Saccage au parc Jacques-Cartier

En juillet, la Fête du lac des Nations débarque avec ses manèges, kiosques, remorques, gros camions et gros partenaires.
Il y aura comme d'habitude un tarif additionnel appelé « surutilisation » du parc Jacques-Cartier. Il s'agit en fait d'un saccage en règle.
Nous avons déjà parlé des drains creusés à même la surface gazonnée, où la foule se rassemble pour les grands spectacles. Nous avons parlé du chemin en tuiles de béton construit à partir de la rue Marcil pour permettre au transport lourd de circuler dans le parc. Ailleurs un chemin en terre battue s'est tracé près de la maison des jeunes à force de passages de tout-terrains et autres petits véhicules. En 2013, on a pavé le chemin. On pense aux arbres écorchés et aux branches cassées.
Pour la durée de la Fête on stationne roulottes, camions de bière et autres véhicules privés hors des terrains de stationnement, directement sur l'herbe. À la fin des activités, on prendra deux jours pour le nettoyage (...). Parc fermé! Il sera remis dans un état lamentable aux randonneurs et utilisateurs réguliers. En réalité, le nettoyage prend au moins deux semaines à compléter. Autre détail, la Ville contribue en infrastructures et en services. Les partenaires contribuent. Les sociétés d'État contribuent. Les bénévoles contribuent. Et on paie encore des frais à l'entrée! Et pour ceux dont le budget est serré, ou qui ne fréquentent pas ce genre de manifestations, au revoir et merci! En tout, cet espace vert est fermé au public (non payant ou non participant) durant au moins 12 jours, en plein juillet!
Sans compter le voisinage, soumis à un système de son très présent. Même le voisinage éloigné écope. Personne n'a le choix. Tout le monde subit.
Il faudrait réinventer la fête, réaménager le site, ou simplement le changer. Modérer en quantité et augmenter en « exclusivité-qualité » les événements artistiques. Spectacles gratuits et entrée libre pour tous! Nous avons proposé qu'il y'ait au moins un ou deux Robert Lepage à Sherbrooke en mesure d'offrir un certain génie à la fête, histoire de la sortir de sa redondance. Avec un budget et des événements gérés autrement, on peut innover et faire mieux.
(...).
Il faut aussi libérer les terrains de soccer qui sont fermés trop souvent et abîmés à cause de tous ces événements. Noter l'incessante croissance du nombre d'activités d'organismes en tous genres. Il faut repenser les voies cyclables (fermées pendant la Fête). La « zone zen » est un leurre. (...).
D'ailleurs, le parc perd de son charme à mesure qu'il perd ses grands arbres. (...). Il faut imposer de sévères restrictions au béton, à l'asphalte et au métal. (...).
En fin de compte, c'est au politique à civiliser la gestion du parc en général et celle de la Fête du lac en particulier. Mais cela ne se fera pas. Car le politique n'est que le porte-parole, l'ami flagorneur. Et la Fête un dinosaure!
(...).
Que la Fête commence!
Guy Robert,
Sherbrooke