RRQ : le temps de passer à l'action

Insatisfait du résultat de la consultation qu'il a lui-même mise sur pied au début janvier, le gouvernement Couillard tente une énième fois de reporter la bonification nécessaire de notre régime de retraite public.
Lors de cette consultation, un large consensus s'est dégagé des témoignages des experts: il faut absolument agir dès maintenant afin de mettre à jour les prestations de retraite versées à l'ensemble des Québécois et des Québécoises. Les seuls à s'y opposer sont les organisations patronales qui ne désirent que garder au minimum leurs contributions au bien-être collectif de la société québécoise.
Afin de mettre les pendules à l'heure, rappelons que le Québec est la seule province qui n'a pas signé l'entente de Vancouver prévoyant un ajustement à la hausse des prestations de retraite versées à tous et à toutes. Le gouvernement Couillard semble, encore une fois, souffrir d'aveuglement volontaire face à la réalité et s'entêter à mettre de l'avant des politiques régressives qui conduisent à un appauvrissement des Québécois et des Québécoises. Cette fois-ci, le scénario que semble envisager Québec pénaliserait tous les travailleurs et travailleuses et ferait de ceux-ci les personnes retraitées les plus pauvres au Canada.
Concrètement, voici ce que cela signifierait: deux travailleurs, l'un à Edmonton et l'autre à Rimouski, ont gagné toute leur carrière 40 000 $ par année et touchent actuellement 25 % de ce montant lors de leur retraite à l'aide du RRQ (Régime de rentes du Québec)/Régime de pensions du Canada (RPC). Grâce à l'entente fédérale-provinciale de juin dernier, celui à Edmonton touchera désormais 33,3 %. Celui à Rimouski, à cause de l'entêtement du gouvernement libéral, risque fort de devoir se contenter de 27,5 %. Ça veut dire qu'au moment de la retraite, le travailleur québécois sera plus pauvre de 2320 $ par année pour toute la durée de sa retraite. Pendant 20 ans, ça représente pratiquement 50 000 $!
Le gouvernement libéral pourrait nous sauver bien du temps et de l'argent en posant la question suivante à la population: Êtes-vous d'accord pour que l'ensemble des Québécoises et des Québécois deviennent les retraités les plus pauvres au Canada? Je vous parie que la consultation arriverait à des conclusions assez claires et limpides...
Serge Cadieux, secrétaire général de la FTQ