«Aux commande d’engins de centaines de kilos, soyons toujours conscients qu’il y a des usagers de la route vulnérables, piétons, coureurs, cyclistes et qu’une seconde d’inattention peut avoir des conséquences dramatiques», écrit Pierre Gagnon de Québec.
«Aux commande d’engins de centaines de kilos, soyons toujours conscients qu’il y a des usagers de la route vulnérables, piétons, coureurs, cyclistes et qu’une seconde d’inattention peut avoir des conséquences dramatiques», écrit Pierre Gagnon de Québec.

Risquer une vie pour une fraction de seconde

POINT DE VUE / Encore ce matin en consultant Le Soleil sur ma tablette, j’ai eu un profond malaise à la lecture de cette nouvelle où une jeune cycliste a été happée mortellement en Gaspésie. En quelques jours, c’est le deuxième événement de la sorte. Une jeune cycliste de Montréal ayant tout juste entamé une traversée du Canada a été fauchée par un véhicule perdant la vie à la sortie de Vancouver.

Je ne pouvais rester sans rien faire, sans rien dire. Ces deux jeunes femmes avec l’avenir devant eux, ce sont nos filles, nos amies, notre famille, une partie de nous-mêmes.

Je ne veux pas tomber dans la recherche de coupables, le système de justice s’en chargera. Les personnes ayant heurté et mis fin à la vie des deux cyclistes auront tout le reste de leur vie pour penser à ce tragique accident. Pour une personne normalement constituée, cela représente une peine dans une prison pour le moins inhospitalière, la conscience.

Alors que la pandémie a fait redécouvrir les joies du vélo à plusieurs, c’est un triste paradoxe qu’en voulant améliorer notre qualité de vie, nous la mettons en danger parce que certains sont prêts à tout pour sauver une fraction de seconde de temps de déplacement.

Le cri du cœur que je fais est très simple, mais tellement important. Aux commande d’engins de centaines de kilos, soyons toujours conscients qu’il y a des usagers de la route vulnérables, piétons, coureurs, cyclistes et qu’une seconde d’inattention peut avoir des conséquences dramatiques. Plus que les personnes disparues, il reste un grand vide qui ne sera jamais comblé pour toutes les personnes touchées de près ou de loin qui continuent leur route.

Il faut que ça cesse, le prix de la vie d’une personne est inestimable et pas une poignée de secondes de retard ou un texto ne valent la peine de la mettre en péril.  

Nous sommes rendus bien au-delà des campagnes de sensibilisation, nous sommes rendus à y penser toutes les fois où nous utilisons les chemins publics.