Annie Faucher est directrice du service à la clientèle au Liverpool Billard Night Life, sur Wellington Sud à Sherbrooke.

Réveille-toi Sherbrooke!

Un dossier tel que le Quartier de l’entrepreneuriat et la revitalisation du centre-ville mérite que l’on s’y attarde au-delà d’une simple vision comptable. Un projet structurant, faisant preuve d’une vision globale à long terme, ralliant la majorité des hauts fonctionnaires et les élus présents en 2016-2017 ne doit pas faire l’objet d’étroitesse d’esprit mais plutôt d’audace.

On parle de création de richesse, d’emplois, d’économie locale, de mise à niveau d’un secteur qui fait peur alors qu’il devrait être un point attractif tant pour les touristes que pour les citoyens.

Depuis 30 ans, personne n’est venu proposer un projet aussi actuel pour le centro. Un projet qui, en plus de transformer positivement le visage d’un secteur névralgique, va donner l’élan nécessaire afin d’attirer d’autres investisseurs. Il va aussi, et on l’oublie trop souvent dans ce débat, venir assurer la santé économique des commerces déjà établis et garnir les coffres de la ville.

Des taxes, j’en paye depuis 26 ans comme commerçante à raison de 15 000 $ par année en plus de payer une taxe d’eau qui n’est pas incluse dans mes taxes. Je n’ai pas de service de cueillette de déchets et je dois payer à grands frais pour qu’on s’en charge. Je paye un loyer pour occuper la rue chaque été avec ma terrasse. J’ai dû me battre contre les commentaires négatifs à propos du stationnement, du sentiment de sécurité ou des préjugés rétrogrades souvent véhiculés envers la rue Wellington Sud. Malgré tout, j’ai persévéré, réinvesti de grosses sommes et réussi à faire du Liverpool une institution qui fait rayonner la Well Sud et le centre-ville.

J’ai défendu tous les dossiers petits et grands concernant le Centro et non pas seulement ceux concernant la Well Sud. J’en ai marre de l’inaction, de l’inertie, du manque d’envergure. Réveille-toi Sherbrooke! Quand une chance pareille se présente, tu dois la saisir.

En 2000, la Ville a posé des gestes concrets sur la rue Wellington Sud. Pavé imbriqué, mobilier urbain mais surtout la possibilité pour les restaurateurs et tenanciers d’y ériger des terrasses répondant ainsi aux tendances des cafés-terrasses présents dans les grands centres. Il n’en fallait pas plus pour transformer la dynamique économique en période estivale. Ce coup de barre a permis la rétention des clients l’été. Impulsion qui a permis à des commerces comme le nôtre de passer à travers les étés non rentables des années 90. On est ailleurs maintenant. La technologie, l’éducation, les milléniaux, l’économie, tous réclament qu’on suive la parade et qu’on se tourne vers demain.

On a la possibilité de jeter les bases de ce qui va changer l’histoire de Sherbrooke en se positionnant pour un tel projet proposé par des gens qui, malgré le pitoyable état de mon secteur, croient fermement au potentiel du centre-ville et de Sherbrooke, Reine des Cantons de l’Est (…) On se doit de réagir. Une telle offre ne se représentera pas. C’est toute la ville qui va en bénéficier à long terme.

C’est assez de seulement patcher les trous. Il est temps de travailler en profondeur pour refaire la route qui mènera cette ville vers son avenir.

Annie Faucher
Directrice du service à la clientèle
Liverpool Billard Night Life