Répit... électoral?

ÉDITORIAL / Après y avoir goûté l'an dernier avec une hausse moyenne du compte de taxes de 4,77 pour cent, les contribuables sherbrookois auront droit à un peu de répit en 2017, année électorale, avec une augmentation moyenne de 1,84 pour cent, ce qui est tout juste en deçà du taux d'inflation prévu de 2,0 pour cent en 2017 par la banque RBC.
Il faut dire, de façon un peu cynique, que les Sherbrookois ont pris l'habitude de voir leur compte de taxes gonfler d'année en année, en raison notamment de la croissance parfois démesurée des dépenses municipales.
Ainsi, de 2011 à 2016, la progression a été de 17,13 pour cent ce qui, pour une majorité de contribuables, a été largement supérieur aux augmentations de salaire du travailleur moyen.
Cela s'ajoute aux majorations répétées de la taxe scolaire, autour de 30 pour cent en moyenne depuis 2013. Faites le calcul.
Mais l'année 2017, donc, sera sous le signe de la modération et... de l'appel aux urnes!
Lors de la présentation du budget devant les médias, en après-midi hier, le maire Bernard Sévigny a qualifié le budget 2017 de « tourné vers le développement », évoquant le fragile équilibre entre les besoins, les priorités du moment, les opportunités et la qualité des services.
En 2017, d'ailleurs, Sherbrooke dépensera un montant record de 96,8 millions $ en immobilisations (contre 79,1 millions $ au budget 2016), dont 15,3 millions $ pour les rues et les trottoirs, 11,3 millions $ pour un quatrième poste d'Hydro-Sherbrooke, 10,4 millions $ pour les égouts et les aqueducs et 2,2 millions $ pour Well inc.
D'entrée de jeu, le maire Sévigny a annoncé une hausse de la taxe foncière de 1,44 pour cent, montant auquel il faut toutefois ajouter le coût des tarifs (eau potable, assainissement, etc.), donc une hausse moyenne du compte de taxes de 1,84 pour cent, ce qui est supérieur à ce qui a été annoncé à Trois-Rivières (0,9 pour cent en moyenne) et Drummondville (1,3 pour cent en moyenne), tandis que les Victoriavillois ont droit à un gel.
Les contribuables sherbrookois auraient-ils pu bénéficier d'un gel eux aussi? Oui, répond le maire, mais cela aurait eu un impact sur les fonds destinés aux infrastructures, entre autres, ajoutant que la hausse du compte de taxes de 2017 reflète l'augmentation moyenne des salaires, ce qui reste toutefois à être démontré et peut varier selon le secteur d'emploi.
La marge de manoeuvre de la Ville de Sherbrooke est évidemment limitée : l'administration municipale anticipe notamment une baisse de la contribution d'Hydro-Sherbrooke de 3,5 millions $ en 2017 en raison principalement de la nouvelle grille tarifaire d'Hydro-Québec.
De plus, air connu, les frais de financement des déficits des caisses de retraite seront de 10,7 millions $ en 2017, l'équivalent de six pour cent du compte de taxes.
La croissance des dépenses de la Ville est pratiquement accaparée par les augmentations de salaire (2 pour cent) et la progression des échelons salariaux (1 pour cent), dit le maire Sévigny, ce qui démontre l'importance de la masse salariale (101,1 millions $ en rémunération et 27,4 millions $ en charges sociales), sur un budget de 291,2 millions $ en 2017.
La Ville de Sherbrooke doit bien sûr composer avec les moyens dont elle dispose et avec les contraintes qu'on lui impose, mais pour le contribuable moyen, l'élastique est vraiment étiré.