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Repenser les campus grâce à l’ergothérapie

Point de vue
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La Tribune
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Permettez-nous de prendre un moment pour vous parler de nos aspirations, de nos ambitions et de nos désirs de changement. Considérant que les enjeux psychologiques des étudiants universitaires sont bien connus (Bérard et al., 2021; LeBel et al., 2019) et que 2020-2021 fut une année de tous les défis, c’est à titre d’étudiantes sur le point de devenir professionnelles que nous vous partageons notre vision pour l’université de demain. 

Bientôt ergothérapeutes, nous avons à cœur l’impact des activités quotidiennes sur le bien-être et la santé. Nos interventions visent à réduire les situations d’inadéquation entre les caractéristiques des individus, les milieux dans lesquels ils évoluent et les expériences qu’ils rencontrent. Nous croyons qu’il est parfois nécessaire de modifier ou d’adapter les manières de faire afin d’optimiser notre bien-être et s’épanouir.

Rêver l’université de demain

Alors, si on se donnait l’espace pour repenser le monde universitaire et se permettre de rêver, que souhaiterait-on y voir? 

Moi, Évelyne, étant passionnée par une diversité d’activités, je rêve que l’équilibre occupationnel soit une norme dans la culture universitaire. C’est-à-dire que tout étudiant ait l’opportunité de se réaliser à travers une diversité d’activités en quantité et en qualité suffisante dans son quotidien. J’aimerais vivre une réalité où les personnes étudiantes sont accompagnées dans l’organisation de leur routine de vie, dans la découverte de nouvelles activités, ainsi que dans la mise en place de différentes stratégies basées sur leurs ressources personnelles et celles offertes par leur établissement d’enseignement.

Moi, Jasmine, je rêve d’y voir davantage d’enseignants outillés pour inclure dans leurs démarches pédagogiques des méthodes d’apprentissage favorisant des expérimentations directement en communauté ou dans un environnement reflétant la réalité du futur contexte d’emploi. J’aimerais qu’on retrouve encore plus d’initiatives sur nos campus mettant de l’avant le contact avec la nature, l’activité physique ou les arts pour évoluer dans un environnement inspirant et vitalisant. Le but étant de se réaliser à travers des expériences pleines de sens.  

Moi, Marilou, je rêve que plus d’étudiants puissent profiter de tout ce que l’expérience universitaire peut offrir, comme la vie de campus ou l’engagement étudiant. Ceux en situation de handicap, ceux qui doivent absolument occuper un emploi ou ceux sujets à une compétitivité féroce dans leur programme, pour ne nommer que ceux-là, vivent des défis injustement trop grands. Se donner des outils pour les rejoindre serait plus équitable et favoriserait la représentativité de la diversité. 

Moi, Camille, je rêve d’y voir un changement de paradigme dans la manière d’aborder l’éducation universitaire. J’aimerais que l’université redevienne un lieu où l’on cultive avant tout les savoirs et les espaces de réflexions plutôt que la production de résultats. Il s’agirait alors d’un lieu où la collégialité entre professeurs et étudiants soit priorisée, où les espaces de partage et d’échanges sont nombreux pour instaurer une communauté soudée au service du savoir de demain.

Concrétiser le rêve

Pour nous, l’idée est avant tout d’identifier la zone optimale de défi pour que tout étudiant, indépendamment de son profil, puisse s’engager dans ses apprentissages tout en préservant un sentiment de compétence et de confiance en ses capacités. Ceci peut se réaliser en diversifiant les opportunités offertes par le contexte universitaire tant au niveau des activités académiques que de l’organisation de l’espace et de la vie sociale sur le campus. 

Pour y parvenir, l’ergothérapeute est un précieux collaborateur ayant un raisonnement professionnel axé sur les occupations lui permettant de proposer des interventions concrètes et tangibles à intégrer à la vie universitaire. 

Par exemple, en tant que futures ergothérapeutes, nous pensons à la mise en place de cours intégrés à même les curriculums pour soutenir les personnes étudiantes à découvrir et maintenir leur équilibre occupationnel. Nous nous voyons soutenir l’implantation de groupes d’échanges entre pairs auprès du corps professoral et enseignant pour favoriser l’intégration d’approches basées sur l’expérimentation. Pour mettre de l’avant l’inclusion, nous pouvons contribuer au développement de politiques de reconnaissance et de valorisation de l’engagement extracurriculaire. Nous pouvons également, prendre part à l’élaboration d’espaces inclusifs, tant bâtis que sociaux, destinés à favoriser les échanges. 

Alors, n’est-ce pas là, en plein contexte pandémique, l’occasion idéale de se permettre de rêver le futur de nos campus universitaires? Avec les changements déjà imposés à notre quotidien, tous peuvent témoigner de nos capacités d’adaptation et de celles de nos institutions. Nous avons foi que nous saurons prendre l’opportunité en tant que communauté d’oser changer nos façons de faire et que rien ne pourrait plus justifier une stagnation dans les façons de vivre l’expérience universitaire. D’ailleurs, soyons inspirés par la toute nouvelle Norme nationale du Canada pour la santé mentale et le bien-être des étudiants du post-secondaire, pour insuffler un vent de changement orienté sur la mise en action au sein de nos communautés universitaires. Continuons donc de faire avancer les discussions. Qui sait, peut-être verrons-nous prochainement des ergothérapeutes sur nos campus afin de participer au mouvement. 

Lien vers la Norme : https://www.mentalhealthcommission.ca/Francais/norme-etudiants


Marilou Bernier, Camille Brière, Jasmine Charbonneau et Évelyne Laroche

Étudiantes finissantes à la maîtrise en ergothérapie de l’Université de Sherbrooke


Sources : Bérard, J., Bouchard, J., & Fournier, A.-V. (2021). Enquête courte sur la santé psychologique étudiante au Québec en temps de pandémie de la COVID-19

LeBel, P., Allard, S., & Lessard, F.-E. (2019). Enquête «Sous ta façade»?: Enquête panquébécoise sur la santé psychologique.