Pierre Karl Péladeau

Réflexion sur l'impact de M. Péladeau

Bon, l'arrivée de Pierre Karl Péladeau comme candidat du Parti québécois a eu l'effet d'une bombe politique au Québec.
Plusieurs réactions super émotives tant à droite qu'à gauche se sont fait entendre depuis cette annonce. Cette candidature vise, semblerait-il, principalement à faire avancer la cause de la souveraineté/indépendance du Québec («faire du Québec un pays!»).
Évidemment, le fait d'avoir dans ses rangs un homme d'affaires aussi puissant soulève des craintes des opposants à la souveraineté du Québec, et ce, tant au Québec qu'au Canada anglais. Les fortes réactions négatives dans ce dernier et la polarisation des intentions de vote fédéralistes/souverainistes au Québec sont sans doute que la pointe de l'iceberg politique.
De l'autre côté de l'éventail politique, plusieurs progressistes à l'extérieur du PQ (dont au sein de Québec solidaire) et au sein même du PQ crient au scandale, tant par la puissance d'influence de M. Péladeau (via principalement ses médias d'information) que par ses positions anti-syndicales et anti-étatiques. Mais voilà qu'une certaine aile «gauche» brisée du PQ se porte à la défense de M. Péladeau, dont Marc Laviolette de SPQ Libre, de même que plusieurs ténors de la souveraineté du Québec, dont Jacques Parizeau, Bernard Landry, Gilles Duceppe et Gérald Larose.
Si l'objectif principal de l'entrée en scène de M. Péladeau est de consolider et de développer le camp pour l'indépendance du Québec, pourquoi M. Péladeau n'a tout simplement pas appuyer le PQ tout en exprimant haut et fort (le poing en l'air) son appui total à l'idée de la souveraineté du Québec? Bien plus, pourquoi n'a-t-il pas immédiatement mis sur pied un comité des personnes provenant de la classe des affaires (genre 'comité du oui'') pour faire la promotion et ainsi faire progresser l'appui à l'indépendance du Québec ? Avec une telle perspective d'intervention, M. Péladeau aurait tout autant pu faire trembler la planète politique québécoise sans pour autant: 1) se retrouver dans la tourmente de «mettre en fiducie» ou «vendre» ses entreprises pour devenir député et ministre 2) alourdir son quotidien avec des tâches liées au rôle de député 3) s'exposer à la vie publique plus qu'exigeante de l'engagement politique, etc. Mais... plus encore, le PQ n'aurait pas à gérer les tensions actuelles découlant de l'arrivée de M. Péladeau comme candidat, particulièrement celles provenant de ses appuis «à gauche» dans la société en général ainsi qu'au sein de son propre parti . Il aurait très bien pu bénéficier de l'appui de M. Péladeau à leur parti et à la souveraineté du Québec sans pour autant subir les contres coups de son annonce d'implication comme candidat péquiste.(...)
Pourquoi M. Péladeau veut-il absolument siéger à l'Assemblée nationale et, très probablement, au Conseil des ministres? Pourquoi veut-il mettre son nez directement dans les affaires de l'État? Comment peut-on penser sérieusement qu'il ne voudra pas imposer une orientation idéologique et politique néolibérale sur le rôle de l'État?
Normand Gilbert
Sherbrooke
Militant social depuis plus de 40 ans