Québec doit reconnaître les risques auxquels sont exposés les agents de sécurité

C’est avec effroi que les travailleurs du Québec, et plus particulièrement les 15 000 agents de sécurité, ont pris connaissance de l’attaque sauvage dont a été victime un des leurs dans l’exercice de ses fonctions au Wal-Mart de Sherbrooke au cours de la fin de semaine.

La FTQ et le Syndicat des Métallos pressent le gouvernement et les agences de sécurité de reconnaître les risques auxquels sont exposés les agents dans l’exercice de leurs fonctions, non seulement ceux postés dans les hôpitaux, les résidences pour personnes âgées et autres milieux de soin, mais aussi partout où leur santé et leur sécurité peuvent être compromises. 

La majorité des travailleurs de la sécurité privée n’ont accès à aucun programme d’aide aux travailleurs des services essentiels ni à aucune prime de risque ou de reconnaissance. Alors que maintenant tout le Québec est à risque. À ce sujet, le directeur national de la santé publique le docteur Horacio Arruda mentionnait que toute personne qu’on ne connaît pas doit être présumée porteuse de la COVID-19. « Il faut reconnaître le travail des agents de sécurité et le risque auquel ils sont confrontés dans la situation actuelle. Ces travailleurs doivent avoir accès à une vraie prime de risque, tout comme les travailleurs de la santé. C’est une question de gros bon sens », fait valoir le président de la FTQ, Daniel Boyer. 

« La tension monte, nos membres peuvent en tout moment être exposés au virus, ils doivent composer avec des gens stressés, souvent irrationnels. Il faut soutenir les travailleurs de la sécurité avec des équipements de protection appropriés dans la mesure du possible et reconnaître le risque auquel ils sont exposés », affirme le président de la section locale 8922 représentant 15 000 agents de sécurité au Québec, Patrick Pellerin. 

À l’heure actuelle, un agent de sécurité gagne 18,04 $ l’heure au Québec. « L’intention était bonne, mais le gouvernement a raté la cible pour les agents de sécurité. Certes, la sécurité figure sur la liste des métiers admissibles à la bonification, mais dans les faits, les agents n’y auront même pas accès. L’argent ne fera certes pas la différence pour le confrère qui se bat pour sa vie présentement. Mais cela démontre qu’on a collectivement un minimum de respect et de reconnaissance pour tous ces agents qui prennent des risques pour assurer la sécurité et le bon fonctionnement de notre société dans cette période trouble », lance le directeur québécois des Métallos, Dominic Lemieux. 

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses. Le Syndicat des Métallos représente plus de 15 000 agents de sécurité au Québec.