Que restera-t-il de nous dans quatre ans?

Bien que nos industries soient très différentes, au cours des quatre dernières années, chacune d’entre elles a été considérablement malmenée par des envahisseurs étrangers aux pratiques d’affaires discutables, quand ces pratiques n’étaient pas carrément déloyales et illégales.

Autant l’hôtellerie que le commerce de détail, autant les médias que les taxis, nous avons tous vu des multinationales aux dents longues sauvagement attaquer nos marchés sans respect pour nos réglementations et saccager en un claquement de doigts ce que nous avons mis des décennies à bâtir. Les experts nous disent que ce n’est qu’un début.

Bien que nos rivaux soient tous distincts (Airbnb, Expedia, Amazon, Google, Netflix, Facebook et Uber), aujourd’hui, nos industries souhaitent parler d’une seule voix pour poser une question cruciale aux candidats qui désirent gérer les destinées du Québec: que restera-t-il de nous dans quatre ans? Si rien n’est fait pour rétablir rapidement l’équité dans nos secteurs, il y a de fortes chances que certains d’entre nous seront considérablement affaiblis, voire agonisants.

À quelques exceptions près, la campagne électorale se déroule sans qu’on ait abordé de front un des principaux éléments perturbateurs des derniers quatre ans, soit la montée vertigineuse d’entreprises étrangères dont les plateformes technologiques bouleversent un ensemble de secteurs, parfois pour le meilleur et souvent pour le pire. 

Pourtant, il y a urgence de discuter de ces transformations en raison des impacts majeurs qu’elles ont sur l’ensemble de notre économie, sur les travailleuses et travailleurs qui y œuvrent et sur la vie de l’ensemble de nos citoyens. Pensons à l’iniquité fiscale et aux pertes d’emplois qu’entraîne la montée en puissance de ces géants du Web. Ces mégas entreprises américaines s’imposent déjà en étouffant nos industries locales tout en évitant de pays des impôts ici, au Québec, et en contournant les lois et règles qui encadrent nos industries. 

Trop souvent, elles agissent comme si elles n’avaient aucune responsabilité dans nos localités et au final, elles apportent bien peu à l’économie québécoise, tout en concurrençant les acteurs locaux de façon inéquitable, au point de menacer la survie de celles-ci. Déjà, les pertes sont énormes dans le milieu des médias, du taxi, de l’hébergement et du commerce au détail. Ce sont des millions de dollars en impôts qui échappent au fisc québécois et canadien ainsi que des milliers d’emplois qui sont perdus sans que la classe politique ne démontre l’urgence de s’y attaquer. Quelles sont donc les positions des partis sur ces questions?

Nous devons adapter rapidement nos politiques, nos lois et nos règles afin que nos emplois, nos entreprises et notre économie ne soient pas les laissés-pour-compte des opportunités qu’offrent les technologiques du numérique. Il est cependant évident que nos gouvernements ont un rôle prépondérant à jouer afin d’offrir un environnement de marché sain, équitable et favorable à l’épanouissement de nos communautés. Nous nous attendons à ce que nos dirigeants soient capables de saisir les enjeux de ces changements et aptes à distinguer les bonnes occasions des menaces réelles envers l’économie locale et la démocratie québécoise. 

Abdallah Homsy, porte-parole du Regroupement des intermédiaires de taxi de Québec (RITQ)

Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN)

Marjolaine de Sa, directrice générale de l’Association hôtelière de la région de Québec (AHRQ)

Michel Valiquette, trésorier de la Fédération du commerce (FC-CSN)