Que cible-t-on concrètement avec Well Inc. ?

Je ne suis ni pour ni contre Well Inc., car il est difficile de se prononcer « intelligemment » tant que les initiateurs du projet ne seront pas plus précis sur les objectifs à atteindre. Sans ce début essentiel pour la suite des choses, non seulement nous allons nous confondre en joutes oratoires et écrites stériles, mais, en plus, on ne saura jamais si ce projet aura atteint ou non ses « promesses », si toutefois il voit le jour tel que prévu.

Sur le site Internet de Well Inc., on trouve de grands objectifs : créer de la richesse collective et individuelle; entreprendre et réussir ensemble des projets entrepreneuriaux; permettre la création d’entreprises et de projets innovants et durables.
Mais encore? Quels résultats chiffrables, vérifiables et « durables » veut-on voir se réaliser dans les prochaines années comparativement à aujourd’hui? Qu’est-ce qui ne va pas aujourd’hui à Sherbrooke et en quoi ce projet est la vraie solution? Quand on parle de créer de la richesse collective et individuelle, de quoi parle-t-on concrètement? Comment cette richesse collective et individuelle va se traduire dans les faits dans 5, 10 ou 20 ans? Est-ce qu’il existe des indicateurs de performance pour évaluer si le projet atteint l’impact souhaité dans le temps pour la communauté sherbrookoise?
Un projet, quel qu’il soit, restera toujours un projet pour lequel personne ne peut être garant de son succès ou de son insuccès. Dans le cas contraire, ça s’appellerait un fait et non un projet. Par contre, le jour où des objectifs mesurables sont sur « la table », d’une part, il est beaucoup plus facile de comprendre l’apport prévu du projet pour la communauté; d’autre part, il est beaucoup plus facile de débattre vraiment sur la qualité et le coût du projet; et, enfin, il sera toujours plus facile d’évaluer le projet au fil des années et de corriger les actions au besoin selon si les objectifs initiaux sont atteints ou non. (...)
Finalement, nous n’avons pas beaucoup évolué depuis l’époque où la religion faisait des collectes de fonds publics pour bâtir ses églises, il fallait y croire pour investir autant dans ces bâtisses. Constatant les problèmes de financement que rencontrent ces bâtisses de nos jours, si nous investissons encore autant collectivement dans l’immobilier, sans chercher à atteindre des résultats concrets chiffrables et vérifiables dans le temps, c’est que, apparemment, nous venons de trouver une nouvelle religion, celle de l’entrepreneuriat.
Jerry Espada, arrondissement de Fleurimont