Françoise David a été la révélation du débat des chefs en 2012. Les attentes sont donc élevées.

QS n'est pas indépendantiste

En campagne électorale, les apparences sont parfois trompeuses, notamment chez ceux qui se présentent comme indépendantistes. Prenons en exemple Québec solidaire (QS). Plusieurs sympathisants de QS ont beau se dire indépendantistes il demeure que leur parti ne l'est pas concrètement dans ses statuts.
Dans une lettre récente «Une redoutable synergie», des militants solidaires ont reconnu noir sur blanc l'absence d'engagement indépendantiste concret dans la démarche proposée par leur parti. En effet, rien dans le mode d'accession à l'indépendance prévu dans la plateforme de QS ne garantit l'engagement véritable de faire l'indépendance. Une fois élu, rien ne garantit que ce que l'assemblée constituante décide soit en lien direct avec l'indépendance du Québec. Il s'agit d'une assemblée ayant comme premier mandat de créer des politiques de gauche et des politiques progressistes. La possibilité d'établir une constitution provinciale où le Québec détiendrait des pouvoirs limités dans le Canada n'est pas exclue. Chez QS, c'est le programme de gauche d'abord et l'indépendance après.
QS cherche avant tout à lutter contre le capitalisme et le néolibéralisme, mais le problème c'est qu'en faisant passer le projet de gauche avant le pays, c'est jouer le jeu du fédéralisme canadien. (...)
Les porte-parole de QS en Estrie affirmaient récemment dans les pages de La Tribune que «nous ne serons pas «indépendants» tant que nous subsisteront des rapports de pouvoir arbitraires, qu'ils soient politiques ou économiques». À cela, répondons que cela serait bien plus aisé de lutter contre le capitalisme alors que nous serons souverains et que nous prendrons nos propres décisions sans ingérence du Canada. L'idée de faire l'indépendance est noble en soi et doit se suffire à elle-même. L'indépendance n'a pas à être associée à l'idée de gauche, elle transcende l'axe gauche-droite.
Xavier Perreault Sherbrooke