QS à Sherbrooke, une erreur de parcours?

Le 1er octobre dernier, ma surprise a été grande de constater que Christine Labrie, candidate de Québec solidaire (QS), était sur le point d’être élue députée de la circonscription de Sherbrooke.

Pour être franc, sachant que Guillaume Rousseau, candidat du Parti québécois, n’avait plus de chance de l’emporter, j’aurais préféré l’élection du député sortant libéral Luc Fortin. Car avant la partisanerie politique, il y a l’intérêt général de la circonscription. 

Maintenant, il nous faut tirer les conclusions de ces résultats. Nous le savons, QS a fait élire dix députés à l’intérieur d’une majorité de circonscriptions aux prises avec des problématiques sociales importantes. À n’en point douter, la pauvreté est très présente dans ces territoires. Mais est-ce que celui de Sherbrooke est différent de ceux de l’est de l’île de Montréal? Pas certain!

Certes, la misère est plus cachée, mais elle n’en demeure pas moins présente. Dans un article récent publié par Mme Martine Dallaire dans Le Collectif, « Les ménages sherbrookois parmi les plus pauvres au Québec », cette dernière nous rappelle avec justesse que : « la circonscription de Sherbrooke se classe au 117e rang sur une possibilité de 125 circonscriptions provinciales au chapitre du revenu moyen des ménages. »

En cela, je doute que l’élection de Mme Labrie ne soit due qu’aux seuls étudiants. Il faut être honnête. Le Parti québécois a cessé d’être audible vis-à-vis cette tranche d’électeurs à revenus modestes qui, traditionnellement, lui était acquise. Avec le temps, sans compter les déchirements internes qui ont ponctué ces dernières années, le discours du PQ s’est trop intellectualisé. Par conséquent, malgré ce que pensent certains de mes amis péquistes, QS ne nous a pas volé des électeurs. Il a tout simplement récupéré l’ensemble de ceux et celles que nous avons abandonnés sur les bas de côté de la route. Car en dépit de son programme pour le moins farfelu, il nous faut convenir que celui-ci parle à tous ceux et celles qui cherchent dans la politique un espoir auquel ils pourront se raccrocher. 

Maintenant, je pense que les électeurs de la circonscription de Sherbrooke ont élu le symptôme et non pas le remède. Malheureusement, je crains que Mme Labrie doive passer par les députés de la CAQ afin de défendre les intérêts de son comté. Et dans ces conditions, je lui souhaite de ne pas être frappée trop brutalement par les désillusions qui ne manqueront pas de survenir.  

Pascal Cyr
Militant péquiste  
Sherbrooke