Protégez-Vous n'a pas tout dit

À la suite de la diffusion récente par Protégez-Vous d'une étude effectuée par l'École Polytechnique de Montréal sur l'exposition des Québécois aux champs électromagnétiques (CEM), le regroupement Estrie refuse estime que Protégez-Vous fait malheureusement la courroie de transmission d'organismes qui alimentent le déni concernant la nocivité des CEM.
L'étude de Polytechnique tente de calmer les inquiétudes des Québécois en démontrant que les niveaux des CEM dans nos résidences et commerces sont bien en deçà des lignes directrices de Santé Canada. Cette étude est un exercice technique de validation du Code de sécurité 6 de Santé Canada, lequel statue sur les niveaux admissibles d'exposition aux CEM dans la gamme de radiofréquences 3 kHz à 300 GHz. Datant de 1999, ces lignes directrices ne prennent en compte que l'effet thermique des CEM. En d'autres mots, si ça ne cuit pas, ce n'est pas dangereux.
Pourquoi ne tient-on pas compte des effets non thermiques (sur la sécrétion de mélatonine, le transport du calcium, etc.) reconnus et répertoriés dans le rapport BioInitiative tout récemment mis à jour en décembre 2012? Ces nombreux effets biologiques peuvent se manifester par divers problèmes physiques, insomnie, maux de tête, acouphène, nausée ou tachycardie, qui « disparaissent dans les environnements non électriques». Ce qui a été constaté en 2000 par le Conseil des ministres nordiques des pays scandinaves en reconnaissait l'intolérance électromagnétique.
Pourquoi Protégez-Vous n'a-t-il pas mentionné cette reconnaissance? Ni précisé que la Brigade électro-urbaine de Polytechnique est financée par un magnat de l'informatique très impliqué dans l'industrie du sans fil, tel que finalement avoué sur leur site?
Au 21e siècle, nous assistons à une véritable révolution dans les technologies sans fil. D'une exposition occasionnelle et de faible intensité, nous sommes passés à une exposition permanente reçue d'abord du téléphone sans fil domestique, puis du cellulaire, du Wi-Fi et d'autres routeurs sans fil. Puis, avec le compteur à radiofréquences, pour une première fois les Québécois seront exposés, contre leur gré, de façon continue, à une source d'émission localisée dans leur propre demeure.
Or, l'Angleterre vient de constater que les tumeurs des lobes frontal et temporal du cerveau ont augmenté de 50 % entre 1999 et 2009. Et comme par hasard ces tumeurs apparaissent généralement du côté de la tête où l'on tient habituellement l'appareil sans fil.
Atteinte au libre-choix
L'installation de compteurs à radiofréquences est une atteinte au libre choix des individus souhaitant vivre dans une habitation non polluée par les CEM, par exemple en choisissant des raccordements filaires pour le téléphone et l'internet, et en excluant le Wi-Fi et le four micro-ondes.
D'autres groupes québécois sont actifs dans ce dossier, notamment Laval refuse et Villeray refuse. À Villeray, de nombreux citoyens ont été fortement incommodés après l'implantation par Hydro-Québec des premiers compteurs intelligents à radiofréquences dans ce quartier montréalais. Présentement, une douzaine de municipalités au Québec ont voté des résolutions s'opposant à l'installation de ces compteurs sur leur territoire. En Colombie-Britannique, pas moins de 59 municipalités s'y opposent, dont Vancouver et Victoria. L'ancien président de Microsoft Canada, Frank Clegg, dont l'épouse est électrosensible, fait circuler une pétition dans le but de faire pression sur nos gouvernements afin que le Code de sécurité 6 soit mis à jour en tenant compte des effets biologiques non thermiques.
Comment expliquer que nos autorités dorment au gaz devant tant d'évidences? Les organismes publics ne sont pas reconnus pour leur rapidité d'action. Il aura fallu près de 30 ans pour qu'on reconnaisse la nocivité des gras trans. Nos élus sont plus attentifs aux besoins de l'industrie qu'à ceux de la population, comme ce fut longtemps le cas pour le tabac.
Par ailleurs, il est faux, comme il est dit dans Protégez-Vous, de mettre les normes européennes dans le même panier que les normes nord-américaines. En Allemagne, le prestigieux Institut de Baubilologie et d'Écologie a établi à 10 µWatts/m² le maximum admissible pour l'exposition aux CEM, alors que dans le code 6 c'est 6000 000 µWatts/m². La Suisse, la Russie, l'Italie, la Belgique, la Pologne, la Hongrie, la Chine, l'Australie et la ville de Paris ont des normes égales ou en deçà de 10 µWatts/m². Selon les 26 les experts internationaux du groupe BioInitiative, le Code de sécurité 6 met carrément la santé publique en péril.
Certes, la partie purement technique de l'étude de l'École Polytechnique de Montréal est sans faille. Le problème, c'est que les médias extrapolent, sans plus de vérification, et concluent qu'il n'y a aucun danger pour la population. On peut s'interroger sérieusement sur le professionnalisme de Protégez-Vous dont « la mission est d'aider les citoyens à se faire une opinion éclairée sur les biens, les services et les enjeux liés à la consommation « et « incarne les valeurs d'indépendance, d'intégrité, d'objectivité, de transparence et de responsabilité sociale».
Estrie refuse demande à Hydro-Québec et aux autres organismes de distribution d'énergie d'utiliser des technologies sans émission de radiofréquences pour la lecture de la consommation.Marc RobertPorte-parole d'Estrie refuseEstrie refuse est une initiative des Amis de la terre de l'Estrie afin de soutenir les Estriennes et Estriens désirant vivre dans un environnement sain et exempt de pollution électromagnétique, notamment celle provenant des compteurs à radiofréquences (compteurs intelligents ou compteurs de nouvelle génération). On peut trouver sur le blog estrierefuse.wordpress.com les références relatives à ce texte.