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 Nikita Kucherov
 Nikita Kucherov

Propos de Kucherov: quand l’euphorie de la victoire change de camp

Luc J. Vigneault
Luc J. Vigneault
Auteur et acteur, Québec
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POINT DE VUE / La déclaration d’après-championnat de Nikita Kucherov a déplu aux fans du Canadien. Les gens n’en retiennent que la forme. Ce qui ne doit aucunement faire dévier la réflexion sur cette arrogance qu’il a dénoncée, bien que lui-même ait puisé dans ce plat de bonbons.

Il y a arrogance, et il y a l’euphorie de la victoire. Vrai que le style peu châtié de Kucherov blesse par sa façon d’intimider, un facteur majeur du hockey, et choque par l’image de son torse nu aux muscles noyés de houblon.

Exemple peu ragoûtant pour les enfants initiés à ce sport. Et pour leurs parents, qui parfois peuvent eux-mêmes perdre le nord dans les arénas en se projetant à travers leurs petits dans un rêve de gloire et en les poussant à coups de hurlements à tue-tête. L’as du Lightning en a-t-il hérité dans sa Russie natale ? Les millions y seraient-ils pour quelque chose ? 

Selon moi, il y a plus... 

L’euphorie de la victoire, c’est comme le momentum : ça change de camp en un éclair. Mis à part son air éméché, et au risque de heurter les mordus du CH, Kucherov un peu raison, ne serait-ce qu’un tout petit tantinet de rien. 

Ce qu’il voulait dire, et c’est ce que je déduis, c’est que des amateurs du Tricolore ont confondu euphorie de la victoire avec arrogance. Le succès leur est monté à la tête, jusqu’à réclamer plus de spectateurs au Centre Bell, malgré une prudence pandémique encore de mise, pour rivaliser avec le fief bruyant du Lightning. Même M. Legault a été tenté. 

Hormis l’allure de beuverie, le fond des paroles de Kucherov est quand même pertinent. Et devrait faire réfléchir, plutôt que jeter des hauts cris de vierges offensées. L’ex-Rempart a outré, voire blessé. Soit !  Or ses propos résultent d’une euphorie qui a changé de camp.