Procès Patry : la justice contre les femmes

Facteurs aggravants. Vulnérabilité de la victime. Position d’autorité de l’agresseur. Prédateur sexuel. Mensonges. Déni. En lisant cela, je m’attendais à ce que le prédateur Patry reçoive LA sentence du siècle. Eh bien non. Ce crime odieux, prémédité et sauvage vaut un gros trente mois. Wow, une chance que c’était « grave »! Autrement, on aurait pu penser à l’absolution…

La justice éléphant a accouché d’une sentence souris. La juge ose parler d’exemplarité. Arrêtez, je vais mourir de rire. Trente petit mois, une sentence exemplaire? Je vais vous dire ce qui aurait été une sentence exemplaire : trente mois pour chaque faute énumérée plus haut. Le criminel aurait alors tout le temps au monde de réfléchir à ses actes dégueulasses. 

Je m’interroge sérieusement sur notre code pénal. Le gars aurait braqué une banque, on l’aurait envoyé à l’ombre pour 10 ans. Trente mois pour un viol, aussi bien parler de vacances. On protège mieux les coffres-forts que les humains. Misère. 

Notre système de justice est mal en point. Les lois ont été écrites par des hommes et pour des hommes. Dans le cas des crimes à caractère sexuel, les femmes se retrouvent trop souvent du mauvais côté de la balance. Il est temps d’arriver en 2018. On vient de passer à côté d’une belle occasion de montrer qu’on ne tolère plus les comportements d’infâmes et minables prédateurs. Cette sentence bonbon constitue un affront au mouvement #MoiAussi. On a étiré les procédures sur 6 ans, c’est scandaleux et indigne d’une société de droit.

Honte aux avocats de ce prédateur d’avoir participé de façon insensible et inhumaine à ce cirque juridique alors que la preuve était béton. Vous avez contribué à envenimer la vie d’une brillante jeune femme. Vous avez encouragé la poursuite de son cauchemar. Vous avez abandonné votre cœur au profit de votre portefeuille. C’est impardonnable. Ce criminel aurait dû se retrouver derrière les barreaux avant la fin de l’année 2012. J’ai la désagréable impression que l’injustice savoure une autre victoire aujourd’hui. J’aurais aimé me réjouir du verdict. Je suis plutôt en colère contre une démonstration de faiblesse et de laxisme, sans aucun souci pour la victime.

Benoit Huberdeau
Sherbrooke