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L'auteur de cette propose que l'État québécois nationalise les biens immobiliers des églises.
L'auteur de cette propose que l'État québécois nationalise les biens immobiliers des églises.

Prêt pour une deuxième Révolution tranquille?

Jean Baillargeon
Jean Baillargeon
Expert-conseil en communication et développement stratégique
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POINT DE VUE / À l’aube de la décennie 2020, 60 ans après la première Révolution tranquille, sommes-nous prêts à répéter le même exploit en innovant en matière de modernisation de nos institutions? À l’instar de la nationalisation de l’électricité en 1962 et de la laïcisation de notre système d’éducation en 1964 et par la suite de notre système de santé universel en 1970-71, serions-nous prêts par exemple à «nationaliser» les biens immobiliers religieux? Serions-nous prêts également à reconnaître des institutions autochtones? Enfin, serions-nous prêts à inscrire les droits collectifs de la nation québécoise (langue française, laïcité de l’État, égalité des hommes et des femmes) dans une constitution québécoise et la faire reconnaître par le Canada? Le Québec est à la croisée des chemins, où il affirme son identité et modernise ses institutions, ou sinon, il se folklorise et se marginalise à tout jamais.

La nationalisation du patrimoine immobilier religieux

Prenons l’exemple du patrimoine immobilier religieux, nos églises sont souvent vides et en décrépitudes. L’État subventionne déjà à coup de dizaines de millions celles qui ont une valeur patrimoniale et souvent nous ne leur trouvons aucune vocation utile pour la communauté. Pendant ce temps, nous manquons de logements sociaux, de CPE, de parcs dans les centres-villes ou dans nos villages. De nombreux terrains et édifices sont laissés à l’abandon faute de vocation communautaire ou tout simplement soumis aux aléas de promoteurs immobiliers désirant construire des tours à condos. La nationalisation par l’État du patrimoine immobilier religieux permettrait également de compenser les communautés religieuses et l’Église catholique pour faire face aux nombreuses poursuites judiciaires, à moins que l’État établisse par sa loi de nationalisation une compensation statutaire pour toutes les victimes d’abus sexuels. Cela éviterait les longs délais de règlement, les frais d’avocats mirobolants et la fuite des capitaux religieux.

La création d’institutions autochtones autonomes

L’État québécois devrait s’entendre avec les autochtones en rédigeant un pacte de justice et de paix pour financer leurs institutions scolaires et de santé après entente avec le gouvernement fédéral, qui en contrepartie aurait l’obligation d’abolir la loi des Indiens et revoir le fonctionnement des réserves. Nous devons viser de plus en plus l’autonomie des autochtones et les aider à prendre la responsabilité de leurs institutions, s’ils le désirent bien sûr. La Paix des Braves avec la nation cris de la Baie-James peut nous servir de références et de modèles à développer. La nation québécoise peut aussi accompagner les nations autochtones dans la recherche de la vérité et des indemnités face aux abus des pensionnats autochtones.

La rédaction d’une constitution québécoise

Enfin, le gouvernement du Québec avec la loi 21 sur la laïcité de l’État et la loi 96 sur la protection de la langue française ne pourra indéfiniment recourir à la clause dérogatoire pour éviter les recours judiciaires contre les droits collectifs de la nation québécoise. Il est temps de faire reconnaître ces droits dans une constitution adoptée par l’Assemblée nationale et exiger en contrepartie du gouvernement fédéral qu’il amende sa propre constitution. Il n’y a pas de doute, nous sommes à l’aube d’une deuxième révolution tranquille, post-pandémie. J’invite donc le gouvernement du Québec à profiter de cette conjoncture pour moderniser les institutions québécoises afin de mieux relever les défis de l’avenir et ainsi assurer la pérennité de la nation québécoise.