Le ministre québécois des Transports et ministre responsable de l’Estrie, François Bonnardel, a choisi l’aéroport de Sherbrooke pour annoncer, vendredi, un programme d’aide pour les dessertes aériennes régionales (PADAR) devant contribuer à améliorer l’offre de services aériens par des transporteurs. Une enveloppe de 22,5 millions est disponible jusqu’en 2022.

Pression accrue

ÉDITORIAL / Au moment où la campagne électorale fédérale arrive au bout de la piste et s’apprête à prendre son envol, la pression augmente sur le gouvernement fédéral et la ministre de l’Estrie Marie-Claude Bibeau pour donner l’impulsion nécessaire à Sherbrooke pour le décollage d’une liaison commerciale régulière avec un grand transporteur.

Le ministre québécois des Transports et ministre responsable de l’Estrie, François Bonnardel, a choisi l’aéroport de Sherbrooke pour annoncer, vendredi, un programme d’aide pour les dessertes aériennes régionales (PADAR) devant contribuer à améliorer l’offre de services aériens par des transporteurs. Une enveloppe de 22,5 millions est disponible jusqu’en 2022.

Le programme permet à un aéroport de bénéficier d’une enveloppe de 500 000 $ pour rembourser un déficit d’exploitation d’une nouvelle liaison. À Sherbrooke, il n’existe aucune liaison commerciale vers Montréal offerte par un transporteur. Depuis des années, la Ville de Sherbrooke, la Chambre de commerce de Sherbrooke, l’Université de Sherbrooke poussent très fort pour obtenir des vols commerciaux.

« C’est encore inconcevable, surtout pour Sherbrooke, de voir qu’il n’y a aucune liaison aérienne qui peut être soutenue par un transporteur », répète le ministre Bonnardel. Le lieu de l’annonce de vendredi n’est pas le fruit du hasard. M. Bonnardel, qui a déjà promis de faire bouger le dossier de Sherbrooke, veut passer des messages à Mme Bibeau et aux grands transporteurs.
Sherbrooke est la seule ville de 200 000 habitants au Canada à ne pas avoir de desserte aérienne spécifique, avait déjà rappelé 

M. Bonnardel. Est-ce que la députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, trouvera au cours des prochaines semaines les bons arguments pour convaincre son collègue des Transports, Marc Garneau, de régler cette erreur historique, qui constitue un affront à la grande communauté sherbrookoise ?

D’autant plus que Mme Bibeau avait promis à la dernière campagne électorale de tout mettre en œuvre afin d’assurer une liaison commerciale par un transporteur. Au moment de retourner devant les électeurs, il faut livrer la marchandise. Actuellement, 89 aéroports canadiens, dont certains sont plus petits que Sherbrooke, bénéficient d’une désignation de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) qui assure la couverture par Ottawa des frais pour les services de l’ACSTA.

La région ne veut pas de la proposition alambiquée du gouvernement libéral à l’effet de payer elle-même les frais de sûreté et de refiler la facture aux passagers. Cette proposition est injuste et impose un poids financier additionnel à la Ville et au transporteur qui mettra sur pied une liaison.

Mme Bibeau, la région réclame depuis des années un traitement équitable. Vous devez relancer vos collègues. Le dossier est suffisamment étoffé pour faire bouger les choses. Vous devez rappeler à vos collègues, en début de campagne électorale, que Sherbrooke se souvient de vos engagements et d’une déclaration du ministre Bonnardel le 12 décembre dernier. En table éditoriale à 

La Tribune, au moment d’évoquer le dossier de l’aéroport, il a laissé tomber : « respectueusement, je crois que le gouvernement fédéral nous a oubliés ». Il parlait alors de l’absence d’une désignation officielle pour Sherbrooke.

« Je ne peux pas faire plus », aviez-vous lancé à ce moment. Nous espérons que vous trouverez dans les prochaines semaines une nouvelle ouverture pour faire aboutir ce dossier. Dans ce cas précis, on ne parle pas de centaines de millions ou milliards de dollars pour un énorme chantier, mais de la correction d’une anomalie qui nuit au développement économique régional.

C’est le devoir du gouvernement fédéral, tout comme vient de le faire le gouvernement provincial avec le PADAR, de favoriser le développement des liaisons commerciales et, bien évidemment, le développement économique. Il est inadmissible qu’une agglomération de l’importance de Sherbrooke, avec ses deux universités, ses nombreux centres de recherche et ses entreprises ne puisse bénéficier de la fameuse désignation permettant de recevoir sans frais additionnels les services de sûreté de l’ACSTA.