Pourquoi participer à des activités parascolaires à l'école secondaire ?

Dans la lutte contre le décrochage scolaire, la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, en partenariat avec les Caisses populaires Desjardins et la Ville de Sherbrooke, a développé un grand nombre d'activités parascolaires à l'école secondaire, incluant des sports (ex.: basket-ball, volleyball, vélo de montagne), des arts (ex.: cirque, danse, improvisation) et des clubs de jeunes spécifiques (ex.: projet environnement, café étudiant).
Peut-être vous êtes-vous questionné sur la pertinence d'investir des efforts dans ces activités qui sortent du curriculum scolaire régulier? À cet effet, plusieurs études démontrent que la participation à des activités parascolaires à l'adolescence est positivement associée à l'adaptation scolaire et sociale des élèves.
Des effets positifs
Au plan scolaire, les élèves qui s'engagent dans ces activités démontrent une plus faible probabilité de décrochage scolaire. Ils sont également plus susceptibles d'avoir de meilleurs résultats scolaires et des aspirations plus élevées.
Au plan social, les recherches suggèrent que la participation à des activités parascolaires est associée à une plus faible manifestation de comportements délinquants et de symptômes dépressifs chez les adolescents. De plus, bien que l'ensemble des élèves soit susceptible de bénéficier de leur participation, ces activités se révèlent d'autant plus bénéfiques chez les jeunes aux prises avec des difficultés d'adaptation sociale et scolaire.
Pourquoi la participation à des activités parascolaires s'avère-t-elle si bénéfique pour l'adaptation scolaire et sociale des jeunes? Plusieurs dimensions de ces activités ont été identifiées. D'abord, la participation est généralement volontaire; par conséquent, les jeunes choisissent les activités en fonction de leurs propres intérêts. De plus, ces activités offrent un environnement sécuritaire et supervisé après les heures de classe. Elles peuvent également contribuer au développement d'un sentiment d'appartenance envers l'école. Les élèves peuvent aussi développer plusieurs habiletés personnelles généralisables à d'autres contextes, par exemple, leur sens de l'initiative, de créativité, d'organisation, de leadership et de travail en équipe.
Sur le plan interpersonnel, ces activités leur donnent l'opportunité de tisser des liens avec l'adulte responsable de l'activité et les autres élèves qui y participent. Ainsi, ils peuvent recevoir du soutien additionnel de la part d'un adulte significatif et créer de nouveaux liens d'amitié. Enfin, les parents, en s'intéressant et en s'impliquant dans les activités de leur enfant, peuvent renforcer le sentiment de compétence que les jeunes développent dans la pratique de leurs activités.
Défis à l'horizon
Une saine participation à des activités parascolaires n'est cependant pas sans défis. D'une part, l'accès à ces activités est souvent limité et parfois basé sur des critères de performance qui peuvent décourager certains jeunes. De plus, il est possible que l'école ne puisse fournir un large éventail d'activités susceptible de satisfaire les goûts et les intérêts d'une grande majorité d'élèves. L'inscription à certaines activités implique parfois des frais, ce qui en limite également l'accessibilité. Des effets de sélection ont aussi été documentés dans les études sur les activités parascolaires, comme quoi les élèves mieux adaptés sont plus susceptibles de participer que les élèves en difficultés d'adaptation, alors que ce sont ces derniers qui en retireraient le plus de bénéfices.
D'autre part, il est également possible que le climat de certaines activités soit négatif et nuise au bon développement des élèves qui y participent. Par exemple, une dynamique de groupe trop axée sur la compétition pourrait nuire au développement de l'entraide et de la coopération chez les élèves et créer plusieurs tensions au sein de l'activité.
En somme, la participation à des activités parascolaires est très positive pour l'adaptation scolaire et sociale des jeunes. Cependant, elle n'est pas sans défis pour les familles, les élèves et les milieux scolaires. De là l'importance d'y investir plusieurs efforts afin d'en faciliter l'accès au plus grand nombre d'élèves et de s'assurer qu'elle demeure une expérience positive pour tous.
Afin de mieux comprendre ce qui garantit le succès de ces activités sur l'adaptation de nos jeunes, d'autres études seront nécessaires. C'est ce que je compte faire dans un avenir rapproché avec un projet qui vise à identifier les conditions gagnantes de ces activités autant chez les élèves avec des difficultés d'adaptation que chez ceux qui n'en présentent pas. J'aurai l'occasion de revenir dans ces pages pour vous mettre au courant de mes résultats de recherche.
Anne-Sophie Denault, Ph.D.
Professeure adjointe
Département de psychoéducation
Université de Sherbrooke
Chercheuse associée à la Chaire de recherche de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke sur la réussite et la persévérance des élèves