Pourquoi j'ai voté contre le projet

Je considère le projet de réforme des arrondissements du maire Bernard Sévigny trop important pour qu'il appartienne à un seul parti. J'aurais souhaité que nous puissions en prendre acte comme conseil municipal et le bonifier. Celui-ci aurait ensuite été soumis aux Sherbrookois.
En acceptant le dépôt, j'aurais eu l'impression de donner un chèque en blanc au Renouveau sherbrookois et je me sentais comme une simple citoyenne et non comme une élue.
Je comprends que :
Ce projet est l'aboutissement d'un engagement électoral de M. Sévigny;
Nous devons faire des économies et montrer l'exemple.
Je suis très sensible à ces arguments. Je ne prône pas le statu quo.
Toutefois, au-delà des économies, il y a des gens!
Il nous manque des informations pour prendre des décisions éclairées. En confrontant la position pour la centralisation des services à la position pour la décentralisation, nous devons penser aux impacts de notre décision sur le citoyen et sur nos bénévoles qui gèrent nos organismes de loisirs, sur les directeurs d'arrondissements et sur tous les employés touchés par la réforme.
Il me serait facile d'obtenir des réponses «informelles» à ces questions, concernant les gens de mon arrondissement. Mais je souhaite prendre une décision pour l'ensemble de la ville de Sherbrooke et j'aimerais connaître les retombées pour les citoyens des autres arrondissements.
Peut-on envisager cette réforme comme un processus améliorant le service aux citoyens plutôt que comme une économie de 2 millions $? L'objectif de ma question vise à prendre une décision optimale reliant le service aux citoyens, son coût et notre capacité à payer.
J'ai de la difficulté à accepter la première étape du processus. L'ensemble me semble alors difficilement acceptable.
Lors de la séance publique du conseil, j'ai été claire sur mes arguments qui me poussent à voter contre. Les voici.
1) J'aurais souhaité un processus de démocratie participative, afin que le citoyen puisse influencer nos décisions. Quand les gens s'intéressent à la politique, c'est important que ceux-ci deviennent partie prenante. Ce projet était une opportunité pour proposer des projets plus transparents et plus participatifs.
2) Je suis mal à l'aise avec l'idée d'un sondage dont les questions ne sont pas préalablement approuvées par le conseil municipal. Le type et la formulation des questions peuvent influencer les réponses. Est-ce que la question du nombre d'élus sera proposée? Si la majorité dit 19, devrons-nous nous y soustraire? Je trouve dangereux de vouloir gérer par des sondages.
3) Le processus proposé me semble davantage un exercice de relations publiques qu'une consultation publique permettant la bonification du projet.
Il n'y a rien qui mentionne officiellement la bonification de la proposition.
Nous sommes en mode information plutôt qu'en mode consultation. Pour un tel projet, c'est inacceptable!
Pour ces raisons, je ne peux pas suivre le parti du maire sans signifier mes malaises.
Sachez que je serai ouverte aux opinions des autres et j'ose croire que cette expérience sera très enrichissante!
Annie Godbout
Conseillère municipale