Dominique Anglade
Dominique Anglade

Pour une relance durable: rebâtir en mieux

POINT DE VUE / Alors que le déconfinement du Québec commence à prendre forme, notre attention doit se tourner vers l’avenir. Si l’impératif de vigilance sanitaire demeure la priorité immédiate, la société québécoise a aujourd’hui besoin d’un leadership capable de dresser une vision claire et moderne de l’après-COVID. 

Des pans entiers de notre société sont ébranlés. Des vulnérabilités et des fractures sociales latentes ont été exposées au grand jour. Avec le retour progressif à une nouvelle normalité, nous ne pouvons pas détourner le regard, et revenir comme si rien ne s’était passé. Au contraire, il faut rapidement réfléchir aux façons d’améliorer notre résilience pour faire face aux défis économiques, sociaux et environnementaux. 

Au cours de la dernière année, j’ai arpenté toutes les régions du Québec pour rencontrer des gens, les écouter, et leur parler du leadership moderne et rassembleur auquel j’aspire comme nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec. Je retiens une leçon fondamentale de ces rencontres : les Québécois veulent s’unir derrière un projet de société inspirant. La crise de la COVID-19 a des impacts négatifs très importants, mais nous devrons saisir l’opportunité de nous réinventer, et de travailler ensemble à rebâtir, en mieux, sur les bases d’un projet de relance durable.

Lorsque l’ouragan qui s’abat présentement sur le réseau de santé, et plus particulièrement dans nos CHSLD sera terminé, il sera impératif de placer l’humain avant le béton ou la bureaucratie -- au cœur de la relance. L’organisation des soins, les relations humaines et la dignité des personnes âgées devront être un chantier prioritaire. Investir dans la construction de maisons des aînés ne sera pas suffisant. Il faudra surtout investir et repenser tout ce qui favorise les arrangements intergénérationnels, le maintien à domicile, la gériatrie sociale, le soutien aux proches aidants et la résilience du milieu communautaire. Tout ce qui peut briser l’isolement, la solitude et la vulnérabilité. 

Par la force des choses, le confinement a fait d’Internet notre principale fenêtre sur le monde. C’était vrai avant la crise, mais la réalité s’impose à plus forte raison aujourd’hui : il faut accélérer l’adaptation de l’économie locale à la planète numérique. Nous devons accélérer l’accompagnement de nos détaillants dans leur transition vers le commerce en ligne et mieux soutenir les entreprises qui adoptent le télétravail. Il faut assurer à toutes nos régions une connectivité numérique de grande qualité. Il faut mettre de l’avant nos artistes sur les plateformes numériques tout en nous assurant que les géants du web paient leur juste part et il faut miser sur la grande solidarité de la nation québécoise pour faire de l’achat local une réelle opportunité d’affaires. 

Nos agriculteurs sont présentement en détresse et c’est pourquoi ils ont immédiatement besoin d’aide pour maintenir leur production. Ils méritent de voir la qualité de leurs produits briller sur nos tablettes, et nos tables, dans un esprit d’autonomie alimentaire accrue.

Rebâtir en mieux, c’est également prendre position de manière courageuse face aux changements climatiques. La relance doit s’appuyer sur un Pacte économique pour le climat. Dans la poursuite de notre objectif de décarbonisation, nous devons mettre à profit tous les leviers financiers et fiscaux de l’État afin de faire de l’environnement un véritable levier de développement économique et social. 

Finalement, il est urgent d’offrir un soutien financier à notre culture et à notre industrie touristique. Alors que plusieurs champs d’activités se préparent au déconfinement, les théâtres, les plateaux de tournage, les festivals, les restaurants, les auberges, les équipes de sport et mille autres trésors du Québec demeurent dans l’incertitude. Nous devons soutenir notre culture pendant la durée de la crise et trouver des solutions durables. Le virus changera certainement bien des aspects de nos vies et il est hors de question qu’il affaiblisse notre identité collective. 

Alors que la vie plus ou moins normale se remet en branle, le gouvernement doit faire connaitre sa vision et exposer ses priorités de manière claire. Quel sera le plan de relance du gouvernement ? Aujourd’hui personne ne le sait. Personnellement, j’ai la conviction profonde qu’un plan de relance durable – qui considère les enjeux économiques, sociaux et environnementaux comme indissociables – constitue le meilleur moyen pour que le Québec sorte de cette crise plus fort et plus uni et c’est cette voie que je désire proposer aux Québécoises et Québécois.