Pour un retour à la case départ

Dans La Tribune du 30 septembre dernier, on parle d’un « coup de théâtre » pour décrire l’opération menée par l’organisme Verre-Vert en collaboration avec 16 municipalités de la MRC du Val-Saint-François. L’événement concerne l’implantation d’un projet-pilote de récupération de tous les contenants en verre.

Cette heureuse initiative a le mérite de souligner, une fois de plus, que le traitement des matières résiduelles est un échec au Québec. Le moyen retenu pour extirper les ressources secondaires de nos déchets ne tient pas la route. Je parle bien sûr du bac vert. Une fois mélangés et broyés, papiers, plastiques, métaux et verre perdent leur valeur. Préconisé depuis des décennies par les écologistes, le tri à la source était et demeure la seule avenue qui peut mener ultimement au défi du déchet zéro, que bien peu de personnes atteignent. Même si son implantation peut présenter des difficultés réelles dans les grandes villes, dans les habitations en hauteur, les commerces et les institutions, c’est la seule voie capable de réduire concrètement les volumes envoyés à l’enfouissement ou à l’incinération.
Naturellement, la mise en œuvre de la règle des 3R (réduction, réutilisation, récupération) vaut toujours en amont. Mais force est de constater que, là aussi, c’est un échec, en particulier pour le premier des R. On est loin de l’économie circulaire, nouvelle appellation de la Responsabilité élargie du producteur. Les exemples pullulent. Ainsi, je reçois régulièrement dans ma boîte aux lettres des feuillets publicitaires d’une seule page logés dans un sac de plastique. Chaque semaine, l’une ou l’autre des grandes chaînes d’alimentation propose l’eau en bouteille à un prix réduit. Pourtant, on sait que les contenants en plastique ne sont guère recyclés et se retrouvent tôt ou tard à flotter au milieu du Pacifique. Bien plus, on apprenait récemment que le plastique peut également se retrouver au fond des fosses océaniques, à 10 000 mètres de profondeur! Et que dire des appareils électroniques, obsolètes dès leur arrivée sur les tablettes des magasins? Où est la Réduction? Dans tous les pays, la consommation effrénée mène à la prolifération de résidus de toute nature. Le traitement de ces résidus se révèle partout un défi considérable. Au Liban, la Ville de Beyrouth les enterre dans la mer proche. Ici, à Sherbrooke, avec les déboires de Valoris, qu’advient-il actuellement de ce que nous mettons consciencieusement dans nos bacs verts et bruns? J’aimerais bien avoir la réponse, les élus étant curieusement muets jusqu’ici. Il faut espérer que le sujet soit abordé en profondeur au cours de l’actuelle campagne électorale municipale.

Bruno Landry, Sherbrooke