Le conseil municipal a accepté il y a à peine deux ans, à Ascot, un développement en bordure du mont Bellevue en plein cœur d’un corridor écologique et d’un milieu naturel d’une valeur sans pareille.

Pour un plan de conservation (et vite!)

Plusieurs citoyens et citoyennes ont été témoins, depuis quelques années, des aberrations auxquelles a mené, à Sherbrooke, notre course insensée aux revenus de taxes et notre insouciance généralisée à l’égard de la préservation des espaces verts.

Le conseil municipal a accepté il y a à peine deux ans, à Ascot, un développement en bordure du mont Bellevue en plein cœur d’un corridor écologique et d’un milieu naturel d’une valeur sans pareille. 

La Ville a aussi été complice, en 2017, par le biais d’un échange de terrains, du développement d’une station-service fantôme à l’intersection des rues Dunant et Thibault : une manœuvre honteuse de l’administration municipale et de l’ancien conseil municipal dont plusieurs membres occupent encore des postes stratégiques. 

Plus récemment, on a tenté (tout bonnement) de vendre un magnifique parc riverain à Brompton. Il aura fallu l’efficace mobilisation coordonnée par Catherine Boileau et la chef de Sherbrooke Citoyen pour que le conseil recule. 

Plusieurs élus, dont Nicole Bergeron, ont tenté de diminuer la valeur de ce parc en soulignant qu’il était petit. Pendant ce temps, la présidente du comité de l’environnement, Karine Godbout, n’a fait que le strict minimum et ce, seulement après que les médias (et la population) aient commencé à s’intéresser à l’affaire. 

À ces erreurs historiques s’ajoute l’ordinaire incurie de la Ville en matière de gestion de sa réserve foncière. La conseillère Beaudin dénonçait il y a quelques mois la vente d’un terrain boisé appartenant à la Ville pour... l’agrandissement du stationnement d’un quadruplex. 

Et dire que certains remettent encore en question l’utilité d’une opposition à Sherbrooke!

Ces absurdités s’expliquent très simplement par le fait que la Ville n’a aucune stratégie de conservation de son territoire. Malgré les orientations du Schéma d’aménagement sur la supposée volonté de « protéger et mettre en valeur les milieux naturels », la Ville n’a tout simplement pas de plan.

Pourtant, plusieurs juristes le disent depuis longtemps : les villes disposent de pouvoirs considérables en matière de protection des milieux naturels. Depuis une vingtaine d’années, la jurisprudence a clairement remis en question les droits supposément acquis des promoteurs aux profits de l’intérêt collectif.

Mais cet intérêt collectif pour la protection de nos boisés et de nos milieux humides, qui commencent à se faire rares, doit être clairement mis en avant par la municipalité. 

Sans une planification sérieuse de la protection de tous nos milieux naturels de valeur, sans une caractérisation rigoureuse de nos espaces verts et sans une volonté claire du conseil municipal de protéger coute que coute son territoire contre un développement sauvage, il devient plus difficile pour la Ville d’intervenir (à la pièce) sans se faire accuser d’expropriation déguisée.

La Ville a déjà trop trainé à se mettre au travail dans cet important chantier. 

Les élu. e. s doivent rapidement exiger qu’un plan de protection avec des critères clairs soit mis au point. C’est un outil essentiel pour un développement ordonné et durable de notre ville.

Jean-Christophe Racette
Sherbrooke