Plus que jamais il faut voter

ÉDITORIAL / En dépit d’une campagne électorale plutôt terne, caractérisée par le clientélisme et l’absence de propositions concrètes sur des enjeux majeurs tels l’environnement, la pauvreté ou la lutte au décrochage scolaire, il est de la responsabilité de chacun d’aller voter, lundi, de faire un choix en fonction de ses valeurs.

Au Québec, plus du quart des électeurs ne vont pas voter, selon les données du Directeur général des élections (DGEQ).

Le taux de participation lors des élections générales de 2014 a été de 71,4 % et de 74,6 % lors du scrutin de 2012.

Et Sherbrooke n’a pas fait pas exception avec un taux de participation de 69,9 % (70,1 % dans St-François, 72,8 % dans Orford, 67,8 % dans Mégantic et 72,6 % dans Richmond), en 2014.

L’abstentionnisme est encore plus prononcé chez les électeurs âgés de 18 à 24 ans, avec un taux de participation moyen de 55 pour cent en 2014 au Québec.

On peut penser que si tous ceux et celles qui ne vont pas voter, que ce soit par paresse, désintérêt ou en guise de protestation, le faisaient, cela pourrait influencer le résultat des élections de façon importante.

Que l’on soit pour le statu quo ou pour le changement, il n’est pas exagéré de dire que chaque vote compte. D’autant plus que la lutte est très serrée, notamment dans la circonscription de Sherbrooke où les quatre principaux partis étaient pratiquement à égalité dans les intentions de vote, tandis que 20 pour cent des électeurs consultés se disaient indécis, selon un sondage Mainstreet Research publié samedi dernier
par La Tribune.

Même si ces résultats remontent à une semaine, rien n’est peut-être pas encore joué dans Sherbrooke.

Il en va de même dans la circonscription d’Orford, un château fort libéral depuis les années 70, où le candidat du Parti libéral du Québec, Guy Madore, et celui de la Coalition avenir Québec, Gilles Bélanger, sont à égalité (à 33,7 % et 33,5 % respectivement, après répartition des indécis), selon la même maison de sondage.

Le vote est donc très divisé et les électeurs indécis sont encore nombreux.

Les engagements électoraux, à coup de milliards $, des chefs des quatre principaux partis et de leurs candidats comportent certes des mesures intéressantes, qu’il s’agisse de l’aide aux familles, de l’augmentation du nombre de places en CPE, de l’embauche de professionnels en éducation, de la décentralisation du système de santé, d’une assurance dentaire universelle pour les moins de 18 ans ou de développement régional.

Mais devant l’avalanche de promesses ciblées et souvent énoncées sans vision globale, sans plan d’ensemble, nombre d’électeurs se demandent avec raison combien seront réalisées.

Parallèlement, des questions vitales comme la lutte aux changements climatiques, la transition énergétique, le logement social ou l’immense défi que représente la lutte au décrochage scolaire ont peu ou pas été abordées durant la campagne électorale, ce qui est incompréhensible.

À 48 heures du scrutin, de nombreux électeurs sont déçus de la quasi-absence de propositions et de plans d’action pour attaquer d’urgence ces problèmes.

Tout cela peut inciter au découragement ou au désintérêt de la politique, avoir un effet démobilisateur.

Mais en démocratie il est du devoir des citoyens de voter pour le candidat ou la candidate qui représente le mieux leurs valeurs personnelles et leur vision de l’avenir, de se donner une voix à l’Assemblée nationale.

Chacun peut ainsi contribuer à faire une différence, aussi minime soit-elle.