Évelyne Beaudin

Pas encore Évelyne Beaudin!

Lors de la dernière séance du conseil, j’ai cru bon faire la leçon aux élu(e)s pour leur rappeler qu’ils sont en quelque sorte les gardiens des lois et des règlements. En effet, si je me suis permis cette impudence, c’est parce qu’encore une fois, ils ont reproché à Évelyne Beaudin d’utiliser les avantages que lui confère la loi. Comme ses collègues « indépendants », Mme Beaudin a le droit d’engager du personnel politique et celui-ci peut avoir accès aux documents émis par la Ville de Sherbrooke.

Mais dans le fond, là n’est pas la question. Comme un os de poulet que le maire et les élus gardent au travers de la gorge, le budget de fonctionnement réclamé et obtenu par Mme Beaudin ne passe toujours pas. Ils vous diront que c’est une question d’argent, que la somme de 160 000 $ est ruineuse pour la ville. Ben voyons! Ce qu’ils craignent, c’est surtout la force de frappe politique que la loi confère à Mme Beaudin. Car ils le savent, en politique, l’argent, c’est le nerf de la guerre.

Évidemment, tous ces bons élu(e)s, nouveaux pour la plupart, se sentent carrément dépassés. Ils ne connaissent pas les dossiers et ne lisent à peu près pas la documentation qui leur est expédiée chaque semaine par les services juridiques de la Ville de Sherbrooke. Il leur arrive même de voter mécaniquement sur des objets dont ils n’ont aucune idée. On se souviendra du vote sur l’acquisition et la démolition des bâtiments vétustes de la rue Galt Ouest; un moment très gênant pour le conseil dans son ensemble et le maire en particulier.  

Ainsi, je me demande si les attaques à l’encontre de Mme Beaudin ne constituent pas une tactique pour détourner l’attention de la population des véritables questions, plus précisément en ce qui concerne l’incapacité du maire et du conseil actuel à gouverner la ville. Car depuis un an, le conseil ne fait qu’enchaîner les échecs : déficit budgétaire, Well inc, Valoris, l’hôtel sur le Plateau Saint-Joseph et j’en passe. 

Pour ma part, Évelyne Beaudin n’est que l’arbre qui cache la forêt, une forêt bien sombre et très inquiétante.  

Pascal Cyr
Sherbrooke