Les produits laitiers, consommés en modération, s’inscrivent dans une alimentation saine. Les Guides alimentaires s’adaptent aux cultures et aux goûts.

Pas de quoi en faire une montée de lait!

Les «Guides alimentaires canadiens» visent à faire des choix sains. Ils s’adaptent aux cultures et aux goûts. C’est sans doute la meilleure façon de susciter l’adhésion des consommateurs. S’alimenter pour notre survie est obligatoire et cette loi naturelle est dictée par le plaisir. La diversité des aliments permet de s’adapter à la singularité des individus.

En ce qui me concerne, rien à faire, le lait fait partie de mon alimentation, car j’aime le lait, mais pas n’importe lequel, le lait Lactantia (je ne reçois aucune somme d’argent pour cette publicité) donc rassurez-vous, je resterai fidèle au lait canadien même si le lait provenant des États-Unis était moins cher.

Les aliments sucrés ou salés sont goûteux et donnent du plaisir, mais le plaisir croît avec l’usage. Moins nous consommons d’aliments sucrés ou salés, moins la mémoire des papilles gustatives fera appel à ce type d’aliments. Il en est de même pour la consommation régulière d’alcool : il est possible de se défaire de cette habitude largement présentée comme un mode de vie dans certaines émissions ou publicités. Il demeure important de faire confiance à l’intelligence des consommateurs, la sobriété volontaire peut aussi être un mode de vie.

Pour reprendre une phrase répétée dans plusieurs tribunes, le cardiologue Paul Poirier de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ): «Mangez moins et bougez plus!» C’est un principe pourtant si simple d’avoir un rapport mathématique comme un budget qui consiste en un équilibre en ce que nous ingérons et nous dépensons!

Dans une conférence donnée pour l’Association Les Diabétiques de Québec, le chercheur Jean-Pierre Després avouait bien candidement qu’il préférait le pain blanc. Malgré tous les efforts de sa femme pour l’inciter à consommer le pain de blé entier, il avait conservé cette habitude. Pourtant, son tour de taille n’en a pas souffert, car il était suffisamment actif pour brûler les calories consommées.

Responsable de la clinique de diabète de l’IUCPQ pendant plus de 20 ans, je savais que l’on jugerait ce que je mettais dans mon assiette lorsque j’allais à la cafétéria. Malgré ma préférence pour le pain blanc, il m’est arrivé de choisir le pain de blé entier, car moi aussi, je suis sensible aux a priori.

Certains choix alimentaires sont souhaitables, mais non obligatoires.

Je côtoie des personnes atteintes de diabète depuis plus de 20 ans. Ces personnes apprennent à se faire confiance et se soigner dans le respect de leur goût. L’obésité demeure l’ennemi à abattre. Tous les régimes fonctionnent pour perdre du poids et ils peuvent être adoptés pour de courtes périodes, mais ils ne peuvent constituer un mode de vie, car ils sont souvent trop restrictifs. Les données probantes doivent demeurer indépendantes de l’industrie, rappelons-nous que ces données ne constituent pas une preuve, mais l’abondance des données basées sur des faits scientifiques disponibles aux moments des publications. C’est ce qui fait que les paradigmes peuvent paraître contradictoires. Pour le reste, c’est une question de goût et de jugement, faisons-nous confiance!

Hélène Gagné, Infirmière clinicienne, éducatrice en diabète et étudiante au DESS en technologies éducatives de l’Université Laval