L’Association médicale canadienne réclame un très sérieux coup de barre dans la gestion de la pandémie.
L’Association médicale canadienne réclame un très sérieux coup de barre dans la gestion de la pandémie.

Pas de compromis pour la santé des Canadiens

À vous la parole
À vous la parole
Depuis plusieurs semaines, des médecins de partout au pays sonnent l’alarme. Plusieurs provinces font face à des situations qui frôlent la catastrophe, malgré les efforts surhumains des travailleurs des réseaux de la santé. Au Québec, il faut demeurer vigilants au regard des expériences vécues dans d’autres provinces canadiennes.

L’Association médicale canadienne (AMC) se fait donc le porte-voix des médecins qui réclament, de nos différents dirigeants, un très sérieux coup de barre dans la gestion de la pandémie. Si chaque province doit faire face à ses propres enjeux, avec des capacités de réponses qui varient selon les régions du pays, il n’en demeure pas moins que tous les gouvernements doivent tendre vers des mesures toujours plus contraignantes pour endiguer la pandémie.

Un peu partout au pays, y compris au Québec, la santé des Canadiens semble parfois céder le pas à d’autres priorités, tel le maintien de la vigueur économique. Il n’y a pourtant pas de compromis à faire avec la santé des Canadiens.

Nous savons tous qu’il n’existe pas de solution facile pour endiguer la pandémie de COVID-19, mais nous savons que ces solutions existent : il faut redoubler de courage pour les appliquer.

Un appel à la transparence, la clarté et la confiance envers le public

Pour progresser plus efficacement dans la lutte contre la pandémie, les gouvernements ont des alliés redoutables. D’abord la transparence, qui permet de dresser un portrait lucide de la situation et d’anticiper les désastres qui ont cours dans certaines régions du pays. La transparence qui permet d’éviter de faux espoirs, en promettant des jours meilleurs qui ne viennent pas, et qui permet aussi de constater les progrès qui sont réalisés dans certaines régions.

Le second allié, c’est la clarté. L’expérience médicale démontre amplement qu’une communication claire avec le patient est la clé pour obtenir l’adhésion du patient au traitement qui lui est prescrit. Il en va de même dans le cadre d’une approche populationnelle : les instructions complexes et garnies d’exceptions sont à la source même de la dissidence des individus par rapport aux règles imposées au groupe, puisque le groupe lui-même n’est plus en mesure de s’y retrouver.

Enfin, le troisième allié est constitué de la population elle-même : cette population à qui on a tant hésité avant de demander de porter le masque, et qui s’est conformée aux consignes dès qu’elles ont été clairement énoncées. Cette population qui montre bien sûr des signes de fatigue, mais qui adhère en général aux décisions que leurs dirigeants ont le courage de prendre.

L’urgence de la situation exige que l’ensemble des gouvernements choisissent de faire résolument appel à leurs trois alliés : la transparence, la clarté et la population qu’ils servent.

La pandémie se retrouvera un jour dans les livres d’histoire. Tout comme le courage dont auront fait preuve les travailleurs du réseau de la santé, leurs concitoyens et leurs dirigeants. Il n’y a donc pas de place pour la complaisance : il nous reste plusieurs étapes à franchir et nos gouvernements doivent montrer plus clairement que la santé des Canadiens occupe la première place dans leurs priorités.

Dr Abdo Shabah, urgentologue de Montréal et membre du conseil d’administration de l’Association médicale canadienne