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Pandémie : Il ne faut pas négliger la formation!

Point de vue
Point de vue
La Tribune
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À l’heure où plusieurs craignent une pénurie de personnel dans les secteurs particulièrement sollicités par la pandémie, il importe de s’inquiéter d’un danger peut-être moins visible, mais aussi pernicieux car son effet se répercutera sur tous les services à long terme : la pénurie d’enseignantes et d’enseignants dans certains programmes du milieu collégial.

On le constate; les conditions d’enseignement qui se dégradent et l’écart croissant qui se creuse avec le privé mènent plusieurs enseignant.es à quitter la profession, des candidat.e.s potentiel.le.s à choisir une autre voie, ou de jeunes étudiant.e.s à ne plus rêver à l’enseignement comme projet de carrière. 

Une rupture de service aurait des effets encore plus désastreux si des cohortes complètes de diplômé.e.s étaient compromises dû à l’absence d’enseignant.e.s pour les former. On se priverait de centaines de jeunes travailleuses et travailleurs dont l’arrivée est attendue avec impatience par les milieux. 

Au Collège Champlain et au Cégep de Sherbrooke, il y a lieu de s’inquiéter de l’attractivité de plusieurs programmes techniques. Dans certains cas, comme dans les soins infirmiers, la pénurie d’enseignant.e.s est telle qu’on frôle l’impossibilité de donner les cours à chaque congé de maladie. Plusieurs facteurs expliquent le problème de rétention des nouveaux professeur.e.s dans les programmes techniques : situations de double-emploi, difficulté d’obtenir un temps complet, salaire d’entrée non-compétitif, manque de disponibilité pour perfectionner leur enseignement ou pour participer aux activités départementales et s’intégrer à la vie collégiale, etc. 

Force est de constater qu’il est de plus en plus difficile d’attirer une main d’œuvre qualifiée afin de combler les postes en enseignement. Nos conditions de travail ne sont plus compétitives, et ici nous ne parlons pas seulement du salaire. Dans les dernières années, la tâche enseignante a continué de s’alourdir et la précarité touche maintenant 40% des enseignant.e.s. De plus, on compte aujourd’hui seize fois plus d’étudiant.e.s en situation de handicap qu’en 2007. 

Selon nous, la négociation actuelle est cruciale pour l’avenir de nos programmes. La population estrienne mérite d’avoir une diversité de formations accessibles à proximité, ce qui limite l’endettement étudiant et l’exode des régions. Mais pour que cela fonctionne, les collèges doivent être soutenus et les conditions de travail doivent s’adapter aux nouvelles réalités afin de préserver le personnel enseignant. 

Tout le secteur public tente actuellement d’assurer la pérennité des services pour les années à venir. À Sherbrooke, on le voit, la qualité des services au primaire-secondaire aura une incidence sur la qualité de l'enseignement au collégial et à l’université, et par le fait même, la santé de nos institutions d’enseignement supérieur contribue à la qualité des services reçus par nos aîné.e.s, nos patient.e.s et nos élèves en difficulté. 

Nous appelons la population estrienne à être solidaire des revendications du personnel de la santé, de l’éducation et des autres services publics. Le gouvernement actuel dit avoir fait de l’éducation une priorité. Il est maintenant temps qu’il le démontre. 


Syndicat du personnel enseignant du Cégep de Sherbrooke (SPECS)
Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Champlain de Lennoxville (SECCL)