Où est passée la morale de Power Corporation?

Je suis un retraité de Groupe Capitales Médias. Comme un millier d’autres, je me retrouve le bec à l’eau et avec une coupure de 30 % de mes rentes.

Pendant 24 ans, j’ai travaillé à La Voix de l’Est de Granby, filiale de Gesca, propriété de Power Corporation. J’en étais heureux, presque fier. Parce que Power Corporation était une entreprise solide, dirigée par un homme, Paul Desmarais, qui avait la réputation de respecter ses contrats et ses employés, conscient sans doute, que ceux-ci participaient à son enrichissement.

C’est le passé. Cet héritage moral, sa succession a décidé de le refuser. On a le droit de refuser un héritage. Encore plus quand il est d’ordre moral. Par un tour de passe-passe, tout à fait légal, faut-il préciser, la Power Corporation nouvelle s’est débarrassée de ses journaux et d’une caisse de retraite, sûrement jugée encombrante. Mission accomplie.

Cette caisse de retraite a été administrée pendant des décennies par Power Corporation, beaucoup moins bien que ses affaires personnelles qui ne cessent jamais de croître.

Petite parenthèse : je suis loin d’être un spécialiste des choses économiques et administratives, mais il me paraît anormal qu’un fonds de retraite soit géré uniquement par l’employeur, même si cela semble être la règle. Fin de la parenthèse.

L’écart entre riches et pauvres s’élargit, dit-on. On remerciera Power Corporation, ses millionnaires et ses quelques milliardaires d’y avoir apporté leur contribution.

La CSN a tenté une approche auprès de Power Corporation pour le soutien du régime de retraite de ses anciens employés. Réponse négative et un peu effrontée, si j’en crois une représentante syndicale. Et je la crois.

Power Corporation n’a aucune obligation légale à cet égard. L’obligation morale? 

Elle est disparue en même temps que son fondateur.


Richard Plante 

Magog