Où est le respect des patients?

L’article de votre journaliste Mélanie Noël dans La Tribune du 2 novembre (C’est fini pour la journée) m’a intéressée. J’ai beaucoup d’empathie pour la dame à qui on a refusé un petit pot au CHUS. Mais pas du tout pour celle qui lui a refusé ce pot. Je peux vous assurer que cette personne se trouvera en congé de maladie d’ici quelques jours et qu’elle fera partie des statistiques qui nous prouvent que la vie est bien difficile pour les gens qui travaillent dans les soins de santé à Sherbrooke. Les médecins semblent très compatissants envers ces gens, on leur signe facilement l’incapacité au travail et en plus ils ont des assurances mur-à-mur qui leur permettent de passer beaucoup de temps en congé de maladie.

Je peux vous raconter un fait qui m’est arrivé durant la nuit du 6 au 7 décembre 2016. J’étais hospitalisée sur civière dans une petite chambrette à l’urgence pour une embolie pulmonaire, donc pour une raison très grave, alors qu’au beau milieu de la nuit une préposée me dit sans autre préambule et sans autre explication, « on vous déménage ». Elle me sort de la chambre, toujours sur la civière quand on imagine l’état dans lequel je me trouvais, laissant mon manteau, mon sac à main, mes bottes dans ladite chambrette, et hop on part à toute vitesse! J’ignore si la préposée faisait son jogging cette nuit-là, mais ça y allait presque au pas de course.

Est-ce qu’on m’amenait aux soins intensifs? Dans une vraie chambre? Comme on ne me dit rien, je le demande et la préposée me répond textuellement « on a besoin de votre place, on vous amène ailleurs. Comptez-vous chanceuse d’avoir un lit, vous pourriez être tu-seule (sic) chez vous avec personne pour vous soigner ». Et vlan!

Pour la suite de l’histoire, on m’a amenée dans une autre salle de l’urgence, face au poste des infirmières. Comme les infirmières sont en pleine journée de travail à 3 h du matin, elles parlent fort entre elles, sans aucune considération pour les nombreuses personnes qui voudraient bien dormir sur leur civière ou tout au moins être au calme. Cette nuit-là le sujet de discussion des infirmières était la pose des pneus d’hiver, on annonçait beaucoup de neige, et on le disait haut et fort. Où est le respect pour les malades?

(...) Je n’ai qu’un souhait : ne plus retourner à l’hôpital et mourir en santé.

Lucie Dufour, Sherbrooke