Le gouvernement Trudeau devra aussi s’engager à ce que le futur acquéreur de la CMQR entretienne convenablement la voie ferrée entre Farnham et Lac-Mégantic, où de nombreuses lacunes semblent subsister au dire de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic.

Ottawa doit rassurer les Méganticois

ÉDITORIAL / Devant l’incertitude engendrée par la mise en vente de la compagnie ferroviaire Central Maine & Quebec Railway (CMQR), Transports Canada doit rassurer sans délai la population de Lac-Mégantic au sujet de la voie de contournement, dont les travaux doivent débuter en 2020, et du déménagement de la gare de triage dans le parc industriel.

Dès l’assermentation du prochain conseil des ministres, le 20 novembre, le nouveau ministre fédéral des Transports devra aussi s’engager à ce que le futur acquéreur de la CMQR entretienne convenablement la voie ferrée entre Farnham et Lac-Mégantic, où de nombreuses lacunes semblent subsister au dire de la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic.

La société Railroad Acquisition Holdings entend vendre CMQR, qui est en principe responsable de diriger le projet de voie de contournement, d’ici la fin de l’année.

Pour l’heure, ce ne sont pas les déclarations laconiques de Transports Canada, qui se limite à dire que la voie de contournement demeure un projet prioritaire et que Québec et Ottawa sont déterminés à la réaliser, qui vont rassurer la population.

L’Alliance du corridor ferroviaire Estrie-Montérégie, qui veut mettre en service un train de passagers entre Sherbrooke et Montréal, demande elle aussi à Ottawa d’exiger du futur propriétaire qu’il investisse dans la mise à niveau de la voie ferrée et la sécurité.

Le ministre québécois des Transports, François Bonnardel, doit rencontrer son nouvel homologue fédéral dès son assermentation et veut s’assurer que la voie de contournement se fera comme prévu.

« Ça prend un engagement ferme du futur acheteur. On ne peut revenir à la case départ ni envisager que le transport de matières dangereuses passe encore au centre-ville de Lac-Mégantic; c’est impensable! », affirme-t-il.

CMQR est propriétaire d’un réseau ferroviaire qui va de Farnham à l’État du Maine, en passant notamment par Magog, Sherbrooke et Lac-Mégantic. 

Le projet de voie de contournement de 133 millions $ est attendu depuis près de 6 ans à Lac-Mégantic, où le déraillement d’un convoi pétrolier de la compagnie Montreal, Maine & Atlantic, réputée pour ses nombreuses lacunes en matière de sécurité et le piètre état de son matériel, avait fait 47 morts et détruit le centre-ville, en juillet 2013.

Ce projet qui, malgré le fait que le tracé retenu par le BAPE ne fasse pas l’unanimité, améliorera la sécurité ferroviaire et aidera, souhaitons-le, la population à mieux faire son deuil de cette tragédie.

À cela s’ajoute la question de la sécurité ferroviaire et de l’entretien des voies ferrées.  

Selon le Bureau de la sécurité des transports du Canada, le nombre d’accidents augmente au pays (+7 % entre 2017 et 2018 et +21 % entre 2016 et 2017).

Malgré les assurances données par Transports Canada au sujet de la conformité aux normes des voies ferrées de la CMQR, la Coalition des citoyens et organismes engagés pour la sécurité ferroviaire à Lac-Mégantic dit encore observer des rails en mauvais état. 

Même son de cloche du côté du coordonnateur des mesures d’urgence de la Ville de Sherbrooke, Stéphane Simoneau, qui a déclaré à La Tribune avoir des doutes sur le niveau de sécurité et la qualité de la voie ferrée.

À la suite du déraillement partiel d’un train de marchandises à Nantes, en août dernier, la Coalition avait même adressé une mise en demeure à l’ancien ministre des Transports, Marc Garneau, pour que cesse le transport de matières dangereuses sur le réseau de la CMQR.

Plus de six ans après la tragédie de Lac-Mégantic, il est grand temps qu’Ottawa resserre les normes de sécurité et assure une meilleure surveillance des activités ferroviaires au pays.

Les citoyens de Lac-Mégantic et d’ailleurs au pays ont droit à la sécurité et à la paix d’esprit.