On s’essuie, puis on recommence

Mesdames les conseillères et Messieurs les conseillers, M. le maire Steve Lussier,

Les gens d’affaires sont habitués de vivre des hauts et des bas. Mais l’annonce, samedi matin, du retrait du projet Well inc. de la part du consortium est sûrement l’une des plus grandes déceptions que la communauté d’affaires de Sherbrooke a pu connaître au cours des dernières années. On peut légitimement se questionner sur la perception que laissera cette situation pour d’éventuels investisseurs et sur l’image que ça projette ailleurs en province et même au pays. Pour une ville qui est classée comme une des meilleures villes entrepreneuriales au pays, ce dénouement est bien triste.

La première réaction humaine est de chercher les coupables et de les affubler de reproches. Bien sûr, par expérience, les gens d’affaires savent que cette démarche est rarement rentable.

Le sens cartésien et la capacité de l’entrepreneur à tourner les défis en opportunités invitent plutôt à reprendre la tête et à chercher à solutionner le problème. Alors on s’essuie, puis on recommence.

La position de la Chambre de commerce de Sherbrooke demeure très claire. Nous croyons qu’il est nécessaire que la Ville de Sherbrooke investisse pour favoriser la relance de Sherbrooke et de son centre-ville. Depuis huit ans, la CCS a fait le pari de la Wellington Sud en s’y installant et nous avons hâte, à l’instar des commerçants du centro, de voir d’autres investissements dans ce secteur. Un secteur qui a été dépouillé, au cours des derniers mois, en vue de ce grand projet et qui se retrouve aujourd’hui devant un défi imposant.

Voici donc nos pistes de solutions :
Tout d’abord, le Conseil municipal doit faire preuve d’un réel leadership et travailler en équipe afin de récupérer la confiance de la communauté d’affaires de Sherbrooke. Le consortium s’étant retiré, la Chambre souhaite que le momentum qui rassemble de nombreux acteurs du développement économique de Sherbrooke soit préservé pour assurer la création de richesse dans un milieu qui en a grandement besoin. Nous sommes d’avis que les élus doivent laisser derrière la partisanerie politique qui a été trop souvent présente dans le débat au cours des derniers mois. Ainsi, Mesdames et Messieurs nos élus sherbrookois, les commerçants s’attendent à ce que vous affirmiez haut et fort votre intention de prioriser la relance du projet Well inc. ainsi que la revitalisation du centre-ville.

Deuxièmement, il faut rapidement inviter d’autres promoteurs à déposer des projets structurants à la hauteur de l’inspiration que le consortium nous avait proposée, tout en respectant les contribuables de notre ville. Les projets présentés devront tenir compte des besoins de stationnement, d’espaces à bureau, etc.

Troisièmement, il est impératif que la Ville et les intervenants socioéconomiques, accompagnés de la Chambre de commerce au besoin, travaillent de concert avec l’entreprise SherWeb pour bien évaluer leurs besoins et nous assurer que nous conserverons ce fleuron à Sherbrooke. Il serait vraiment malheureux, voire inconcevable, que cette entreprise privilégie encore Longueuil ou une autre ville, plutôt que Sherbrooke, pour son développement futur.

Quatrièmement, la Ville de Sherbrooke doit affirmer qu’elle est résolue à investir et à soutenir, à la hauteur de ce qu’elle se préparait à accorder au consortium, les autres promoteurs qui auraient des projets similaires à ce qui était prévu. Nous croyons que c’est un incitatif raisonnable et incontournable en vue d’investissements privés qui profiteraient à moyen et long terme à la communauté sherbrookoise.

Finalement, on ne doit pas perdre de vue que la vision du projet Well inc. était de créer un guichet entrepreneurial unique qui créait une force synergétique en réunissant l’ensemble des acteurs socioéconomiques de Sherbrooke, et surtout de créer un milieu de vie et de travail stimulant, principalement pour les jeunes et les futures générations.

Nous vous remercions à l’avance, au nom des entreprises sherbrookoises, de considérer l’importance de la situation. Au nom de nos membres, nous suivrons de près les développements et l’avancement d’éventuels projets.

Claude Denis, président
Chambre de commerce de Sherbrooke

Quelle mauvaise nouvelle que celle du retrait du consortium

Même si le groupe n’a pas encore parlé publiquement, il me semble que les raisons de son retrait sont évidentes, les bâtons dans les roues ont fait leur effet. L’ancienne administration, même avec ses défauts, avait clairement exprimé le souhait de redynamiser notre centre-ville qui en avait grandement besoin.

Le temps était et demeure un facteur clé dans ce dossier. À ceux qui pensent que ceci va faire de la place à d’autres propositions, le momentum est très fragile. Un entrepreneur n’investit pas lorsqu’il y a dénigrement public, il va aller naturellement vers quelque chose de moins contesté. Bon courage au prochain entrepreneur de calibre qui aura envie d’investir dans un projet sans cesse discrédité par des gens qui ne voient que des dépenses, et non une vision d’avenir. Pour avancer, il faut prendre des risques, et oui, un risque comporte de l’incertitude et de l’ODACE.

En ces temps olympiques, comme au bobsleigh, l’impulsion de départ est primordiale dans une situation comme celle du centre-ville. Sans celle-ci, le meilleur pilote ne réussira pas à faire un bon résultat. Dans La Tribune de vendredi, le maire affirmait que LP Royer ne s’installerait pas au centre-ville si le projet n’arrivait pas. Un projet de moindre envergure n’aura certainement pas le même effet levier.  

Même si une opposition était présente, le projet n’était pas nécessairement mauvais. Peut-être qu’en 2028, nous aurions dit : « On aurait pu faire mieux… » Mais une chose est claire, il n’y a pas pire que l’inaction! En affaires, il y a un dicton : « Si on n’avance pas, on recule ».

En tant qu’entrepreneur, je crains un effritement de la volonté d’investissement dans notre ville. L’implication des commerçants à elle seule ne peut faire avancer les choses. Les municipalités environnantes plus flexibles et ouvertes aux projets d’avenir récolteront les fruits de nos petites chicanes.

La ville et ses citoyens doivent réaliser que chaque projet dans chaque arrondissement peut être porteur pour l’ensemble de la ville.

J’ai mal à ma ville!

Patrick Pinard

Président d’ODACE
et copropriétaire de
Boucherie Clément Jacques