Pour l’heure, toutefois, le concept des minimaisons et des quartiers qui leur sont réservés demeure méconnu d’une bonne partie de la population et des élus.

Nouvelles valeurs

ÉDITORIAL / La création du Mouvement québécois des minimaisons, lors d’un colloque provincial le 27 janvier à Sherbrooke, traduit certes une volonté de favoriser l’accès à la propriété mais, surtout, celle de mettre de l’avant un mode de vie plus simple axé sur des valeurs communautaires et écologiques, voire sur la rétention des jeunes dans les régions.

Depuis l’été dernier, les Sherbrookois ont beaucoup entendu parler du « Petit quartier » dans l’arrondissement de Fleurimont, un projet de 73 minimaisons qui fonctionnera selon le mode de gestion coopératif et participatif, où les membres propriétaires se partageront certains services, notamment un bâtiment communautaire et un atelier.

Ce projet, qui a reçu l’aval de la Ville de Sherbrooke, est le premier en milieu urbain dans la province, mais n’est pas le seul au Québec puisque différentes versions sont prévues ou en voie de réalisation en milieu urbain et rural, notamment à Saint-Nazaire (Lac-Saint-Jean), Lantier (Laurentides), L’Isle-Verte (Bas-Saint-Laurent) et Dixville, en Estrie.

Pour l’heure, toutefois, le concept des minimaisons et des quartiers qui leur sont réservés demeure méconnu d’une bonne partie de la population et des élus.

De plus, ce type d’habitation hors norme se heurte au Code du bâtiment et aux réglementations de la majorité des municipalités québécoises, de même qu’à certaines réticences de la population.

À Sherbrooke, par exemple, le « Petit quartier » comportera des résidences sans sous-sol de 44,6 mètres carrés (480 pieds carrés) sur des terrains de 189 mètres carrés (2000 pieds carrés), ce qui représente environ la moitié de la superficie d’une maison et d’un terrain standards. Leur prix ira de 105 000 $ à 125 000 $.

Les futurs propriétaires sont composés à 30 % de jeunes familles, à 30 % de retraités et à 40 % de personnes seules.

Le projet a toutefois soulevé certaines réserves de la part de résidants du secteur, qui craignaient notamment une perte de valeur de leur propriété, mais a pu aller de l’avant.

On ne peut certes pas faire n’importe quoi n’importe où, mais les municipalités ont aussi avantage à favoriser l’accès à la propriété.

D’où l’importance de démystifier le concept de quartiers de minimaisons et d’assurer une acceptabilité sociale.

C’est le mandat que se donne le Mouvement québécois des minimaisons car, visiblement, il ne s’agit pas d’une mode passagère.

« Il y a toutes sortes d’initiatives, mais il y a des obstacles au niveau des réglementations municipales et des commentaires parfois négatifs; il faut mieux renseigner les gens et les élus, uniformiser l’information », dit Ursule Thériault, ex-mairesse de L’Isle-Verte, qui, avec Martin Saindon, ex-maire de Dixville, fait partie du groupe fondateur du Mouvement québécois des minimaisons.

Les minimaisons ont d’abord vu le jour en Asie et en Europe, puis aux États-Unis il y a une quinzaine d’années.
Plus accessibles financièrement, elles permettent d’acquérir une propriété sans avoir une hypothèque monstrueuse sur le dos et s’inscrivent souvent dans des projets à vocation sociale comme « Habitat Multi générations », à Lantier, le projet d’écoquartier villageois de L’Isle-Verte, destiné à attirer les jeunes ménages, ou encore le « Petit quartier » de Sherbrooke, à vocation coopérative.

On peut aussi penser que l’on assiste à un changement de valeurs, à une volonté de vivre plus simplement, dans plus petit et de renouer avec un mode de vie communautaire et plus écologique.

Le mouvement semble donc bien lancé et c’est à Sherbrooke que cela se concrétisera à la fin du mois.