Pour Philippe Couillard, qui est premier ministre depuis avril 2014, il est difficile de faire du neuf avec du vieux alors que la grande majorité de l’équipe libérale est formée de personnes de 50 ans et plus, pour la plupart des vétérans de la politique.

Nouveau souffle ?

Malgré plusieurs nouveaux venus au Conseil des ministres, le gouvernement Couillard aura fort à faire pour incarner le changement après 14 années de règne libéral quasi ininterrompu, à l’exception de l’intermède du Parti québécois de septembre 2012 à avril 2014, et, surtout pour se défaire de son image du gouvernement de l’austérité.

Pour Philippe Couillard, qui est premier ministre depuis avril 2014, il est difficile de faire du neuf avec du vieux alors que la grande majorité de l’équipe libérale est formée de personnes de 50 ans et plus, pour la plupart des vétérans de la politique.

L’important remaniement ministériel d’hier fait néanmoins une place à la relève avec l’accession de jeunes députés au cabinet: notamment André Fortin aux Transports, Isabelle Melançon à l’Environnement, Véronyque Tremblay, ministre déléguée aux Transports, et Marie Montpetit à la Culture (en remplacement du député de Sherbrooke Luc Fortin qui devient ministre de la Famille).

Mais, à un an des élections provinciales, ils auront peu de temps pour faire leur marque.

Outre un certain jeu de chaise musicale, Pierre Moreau passe de président du Conseil du Trésor à ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, David Heurtel quitte l’Environnement pour l’Immigration, tandis que Kathleen Weil devient ministre responsable de l’Accès à l’information et de la Réforme des institutions démocratiques, les principaux ténors du gouvernement gardent leur poste.

Gaétan Barrette conserve la Santé et les Services sociaux, Dominique Anglade demeure à l’Économie, Hélène David reste à l’Éducation supérieure, Carlos Leitao aux Finances, Martin Coiteux aux Affaires municipales et à la Sécurité publique, Stéphanie Vallée à la Justice et Sébastien Proulx à l’Éducation.

Les prochains mois diront si le premier ministre Couillard parviendra à insuffler, comme il le souhaite, un «style» et un «rythme» différents à son équipe.

Il y a certes quelques nouveaux ministres de la génération des 30 et 40 ans, mais est-il encore possible pour ce gouvernement de véritablement se renouveler et de faire oublier les compressions qu’il a imposées dans les services publics au nom de l’assainissement des finances de l’État?

Dans un discours somme toute très réussi, Philippe Couillard a rappelé hier que son gouvernement a pu se donner une marge de manoeuvre en vue de réinvestir après avoir assaini les finances de la province. Oui, mais à quel prix?

En santé, par exemple, il est vrai que davantage de Québécois ont maintenant accès à un médecin de famille, mais le personnel du réseau est exténué par les réformes, les listes d’attente en chirurgie sont toujours longues et le temps d’attente dans les urgences n’a guère diminué.

Québec a également réinvesti dans les cours de francisation des immigrants, mais pourquoi est-ce toujours aussi difficile pour eux d’intégrer le marché du travail?

Et si tout va si bien, pourquoi avoir réduit en juin dernier les montants pour l’aide alimentaire aux élèves du secondaire en milieu défavorisé?

Le taux de chômage est certes à un niveau historiquement bas au Québec, mais cela a-t-il un impact sur la pauvreté alors que le réseau des Banques alimentaires du Québec a enregistré en 2016 une hausse de 5,4 pour cent des demandes d’aide et que 11 pour cent de celles-ci proviennent de personnes qui ont un revenu d’emploi?

M. Couillard a réitéré l’intention du gouvernement de réduire le fardeau fiscal des particuliers, de mieux soutenir les régions, de réinvestir dans les services publics, ce qu’il a commencé à faire, de permettre au Québec de relever les défis de la mondialisation et d’aider les familles. On ne demande pas mieux.

Mais outre le fait que plusieurs de ces propositions sont semblables à celles de la Coalition avenir Québec, le gouvernement Couillard a un an pour montrer qu’il peut et veut vraiment améliorer les choses.