Petit retour dans le temps : le projet de Centre mère-enfant, destiné à répondre aux besoins de la population estrienne en pédiatrie, pédopsychiatrie et néonatalogie, est annoncé une première fois en 2004, sous le gouvernement Charest, en vue d’une livraison en 2010 au coût de 100 millions $, incluant une nouvelle urgence.

Nouveau retour à la case départ

Les gouvernements passent, mais rien ne bouge : on a peine à y croire, mais l’ouverture du Centre mère-enfant, un projet ébauché par le CHUS il y a 15 ans, est de nouveau reportée, cette fois-ci en 2024 ou 2025, alors qu’il s’agit d’un besoin criant pour la population estrienne.

Ce nouveau délai, confirmé mercredi dernier par la députée de Saint-François, Geneviève Hébert, constitue un aléa de plus dans cette saga qui a suscité beaucoup d’attentes et d’espoirs déçus au fil des ans.

Et, à nouveau, tous se demandent si cette fois-ci sera la bonne.

Petit retour dans le temps : le projet de Centre mère-enfant, destiné à répondre aux besoins de la population estrienne en pédiatrie, pédopsychiatrie et néonatalogie, est annoncé une première fois en 2004, sous le gouvernement Charest, en vue d’une livraison en 2010 au coût de 100 millions $, incluant une nouvelle urgence.

Au début de 2013, alors que le Parti québécois est au pouvoir depuis peu, l’ex-ministre de la Santé, Réjean Hébert, promet la réalisation du projet, cette fois évalué à 120 millions $, pour 2017.

Mais, mauvais sort, celui-ci est par la suite retiré du plan des infrastructures prioritaires par le nouveau gouvernement Couillard en raison d’un trop grand nombre d’engagements financiers de l’État pas rapport à ses moyens.

En 2015, l’ancien ministre libéral de la Santé, Gaétan Barrette, annonce que le gouvernement a recouvré sa marge de manœuvre et affirme que les fonds pour ce projet désormais évalué à 198 millions $ sont réservés en vue d’une mise en chantier en 2018 et d’une inauguration en 2021. 

En mai 2018, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS lance même officiellement les travaux préparatoires à la construction du Centre mère-enfant, incluant le réaménagement de l’urgence.

Mais, en janvier 2019, nouvelle tuile : la Société québécoise des infrastructures (SQI) annonce qu’elle annule le processus d’appel d’offres après avoir reçu une seule soumission qui dépassait de 25 % le budget fixé de 198 millions $.

Deux mois plus tard, la SQI fait part de son intention de relancer des appels d’offres, mais « en lots » plutôt que de faire appel à un seul entrepreneur pour l’ensemble du projet.

Et, mercredi dernier, la députée Hébert annonçait que le projet, dont le budget a été ramené à 149 millions $, sera complété au mieux pour l’automne 2024 sinon en 2025.

On comprend la nécessité de relancer les appels d’offres afin d’éviter un dépassement de coût; c’est de la saine gestion des fonds publics.

Mais comment expliquer que ce projet d’infrastructure, l’un plus importants des dernières années en Estrie, fasse pratiquement du surplace depuis 15 ans?

Et que malgré les déclarations officielles des politiciens, les esquisses, les appels d’offres et même l’annonce de travaux préparatoires, il n’y a toujours rien de concret?

Le milieu est pourtant mobilisé depuis des années : la Fondation du CHUS et Opération Enfant Soleil ont amassé 12 millions $ pour ce centre, tandis que le CHUS prévoit injecter 6 millions $ pour l’urgence et les stationnements.

Le domaine de la santé a certes connu bien des bouleversements ces dernières années, mais il est inconcevable que le projet se retrouve de nouveau à la case départ.

L’un de ses artisans, le pédiatre Claude Lemoine, aujourd’hui à la retraite, a avoué sur les ondes de Radio-Canada Estrie qu’il a de plus en plus de difficulté à comprendre ce qui se passe dans ce dossier et que tout cela est « désespérant, démotivant, déprimant ».

On peut le comprendre.

Le gouvernement Legault se retrouve aujourd’hui avec une lourde charge sur les épaules. 

Saura-t-il faire mieux que ses prédécesseurs?