Notre troisième lien sherbrookois

POINT DE VUE / Saviez-vous que Sherbrooke a aussi son troisième lien? Ce n’est pas un tunnel ni un pont, comme le gouvernement de la CAQ prévoit en construire un à Québec; c’est plutôt un énorme stationnement qu’un privé construira bientôt, aux frais de la Ville, en plein centre-ville de Sherbrooke.

Encore aujourd’hui, je suis fasciné par la manière dont ce projet a réussi à cheminer jusqu’ici sans provoquer trop de sourcillements de la part des acteurs du centre-ville ou des citoyens et citoyennes. 

Il faut croire que plus le mensonge est gros, plus il passe inaperçu. 

Nos taxes!

Comme le troisième lien, ce stationnement va coûter cher! On parle quand même de plus de 35 000 $ par case de stationnement. On me dira peut-être que cet investissement ira sur la dette, mais je ne suis pas certain d’être rassuré. Et vous? 

Il est aussi particulièrement étrange qu’un maire qui a fait campagne contre le projet Well Inc. et sur la rigueur fiscale – son gel de taxes en étant la plus belle illustration - n’ait même pas cru bon de remettre en question ce qui est l’un des plus gros investissements en immobilisations de la Ville depuis la fusion municipale. 

Pas d’études

Un peu comme le ministre de l’Environnement qui affirmait récemment qu’aucune étude n’était nécessaire sur le troisième lien, à Sherbrooke, nous sommes visiblement prêt à flamber 26 millions $ dans un stationnement alors qu’aucune donnée n’a été fournie pour justifier cette offre de stationnement. À pareille date, l’année dernière, la Ville n’était même pas en mesure de présenter des chiffres sur l’occupation de ses stationnements du centre-ville! Ça ne s’invente pas!

Le comble  

Comme à Québec, les promoteurs du projet tentent de nous convaincre, ici, que le stationnement est un « instrument de mobilité durable ». Tout comme M. Legault affirmait récemment que le troisième lien servirait à faire rouler des autos électriques, on nous répète à la Ville qu’on va avoir des cases pour… les autos électriques. 

Il faut croire que le « greenwashing » a ses adeptes, même à Sherbrooke. Construire un stationnement qui sera vraisemblablement à moitié vide et appeler ça de la « revitalisation », ça tient du génie! À cet égard, le silence de certains conseillers et conseillères qui se disent « sensibles » aux questions d’environnement est préoccupant.

Qui osera dénoncer ce troisième lien sherbrookois?


Jean-Christophe Racette
Sherbrooke