Bernard «Rambo» Gauthier

Non, pas encore un sauveur pour le Québec!

Bien que j'hésite, je garde un certain espoir que les Québécois moins choyés de la société ne se laisseront pas duper par notre « Rambo national », Bernard Gauthier, ce mauvais imitateur du président élu Donald Trump. Il me semble évident que le succès de M. Trump aux États-Unis est l'étincelle d'allumage de la soudaine ferveur de ce syndicaliste à gros bras pour la politique. Personnellement, je suis effrayé à la seule pensée qu'il n'est pas impossible, à la limite, que l'un de nos partis politiques actuels considère accueillir Gauthier dans ses rangs plutôt que de le laisser s'organiser et finalement disparaître.
Je ne peux croire, bien que nous sommes en démocratie et qu'il ait droit à son opinion, et ne peux me résoudre à voir un tel individu se promener en province en utilisant un langage ordurier, un langage de charretier comme le répétaient autrefois mes vieux grands-parents, pour convaincre la population de lui faire confiance pour « sauver » le Québec. Sa seule présence à ce jour, tel un fanfaron entouré de ses videurs de chantier (...), les bras croisés arborant les visages les plus durs possible, me semble suffisante pour faire honte à l'ensemble des Québécois. Peut-on s'imaginer le discours d'un tel individu qui, se voyant refuser la parole par le président de l'Assemblée nationale pour son langage ordurier ou son habillement de « biker », se présentant ensuite devant les caméras et utilisateurs des médias sociaux pour dégueuler ses insultes à l'égard du président? Ne sommes-nous pas déjà suffisamment ridiculisés plus souvent qu'à notre tour, même lorsque c'est injustifié?
Trouverons-nous un moyen, une méthode ou un processus quelconque d'informer cette masse de la population insatisfaite de ne pas donner voix à un tel énergumène ou si nos médias le préfèreront à nos politiciens actuels? Peut-on croire que la classe politique actuelle puisse, tout en tenant un discours respectueux, tenter de se faire élire en avançant autre chose que des promesses qu'elle sait irréalisables dans le seul but de gagner, décourageant la démocratie en éloignant la population des bureaux de vote et se révoltant? Pourrons-nous un jour nous retrouver avec une gouvernance provinciale fondée sur l'éthique, l'honnêteté et le respect des citoyens?
Suis-je naïf de continuer à espérer?
Denis J. Dubois, Sherbrooke