Non à la violence exercée par les gestionnaires contre les infirmières!

POINT DE VUE / Les infirmières et les infirmières auxiliaires sont des professionnelles de la santé regroupées au sein d’ordres professionnels appelés l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) et l’Ordre des infirmières et des infirmiers auxiliaires du Québec (OIIAQ).

L’OIIQ et l’OIIAQ comptent respectivement plus de 76 000 membres et plus de 28 000 membres. Leur mission première est la protection du public.

Les infirmières et les infirmiers auxiliaires sont membres d’un syndicat appelé la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ). La FIQ compte plus de 76 000 membres dont plus de 90 % de femmes. Sa mission première est l’amélioration des conditions de travail de ses membres.

Pour lutter contre la violence exercée contre ses membres, la FIQ s’est dotée d’une politique publiée dans un excellent document intitulé Vers le bien-être au travail.

Depuis plus de cinq ans, certains gestionnaires hospitaliers imposent systématiquement aux infirmières de travailler en temps supplémentaire obligatoire.

Cette pratique inédite et improvisée, qui devrait être temporaire et exceptionnelle, est devenue permanente et régulière.

À maintes reprises au cours des dernières années, les infirmières ont dénoncé l’imposition systématique du temps supplémentaire obligatoire mais les gestionnaires hospitaliers ne les ont pas écoutées.

Cette pratique abusive et dangereuse compromet la qualité des soins dispensés par les infirmières ainsi que la santé physique et mentale de ces dernières. De plus, elle met en danger le public, empoisonne les relations de travail et décourage la relève.

Cette pratique irréfléchie et irresponsable est contraire au bon sens et à la Charte des droits et libertés de la personne qui dispose :

« 46. Toute personne qui travaille a droit, conformément à la loi, à des conditions de travail justes et raisonnables et qui respectent sa santé, sa sécurité et son intégrité physique. »

Cette pratique aberrante et inhumaine constitue un acte de violence caractérisé exercé par les gestionnaires hospitaliers contre les infirmières.

Tous les intervenants concernés, à commencer par le ministre de la Santé, et notamment la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le Protecteur du citoyen, l’OIQ et l’OIIQ ainsi que la CNESST doivent prendre leurs responsabilités pour dénoncer sans réserve cette pratique puis exiger des gestionnaires hospitaliers qu’ils présentent officiellement des excuses aux infirmières pour les avoir maltraitées, qu’ils les dédommagent des graves préjudices qu’ils leur ont fait subir et qu’ils cessent sans délai d’exercer contre elles une telle violence.

Louis Fortier
Avocat (BduQ, ABC, ABA), traducteur agréé (OTTIAQ et ATA) et administrateur agréé (OAAQ)