Ne touchez pas à ma commission scolaire!

À titre de nouvelle retraitée, je m'adresse ici, bien humblement, à tous les citoyens du Québec.
J'ai oeuvré dans le milieu de l'éducation aux niveaux primaire, secondaire et collégial au-delà de 35 ans. Aujourd'hui, j'affirme avec conviction qu'une commission scolaire est le plus beau milieu où il soit possible de travailler! Pourquoi? À cause de toute l'énergie qui y est déployée pour le bien-être des enfants.
Tout au long de la fin de ma carrière à Sherbrooke, j'ai vu des directions générales, des directions adjointes, des directeurs de service et des directeurs d'école travailler dans même but : l'éducation et le bien-être de nos jeunes. Préoccupés, pressés par les dossiers, ces administrateurs travaillent à gérer des situations de toutes sortes : humaines, matérielles et financières. Mais, ils sont présents et ils ont toute mon admiration, toute ma reconnaissance!
Le taux de décrochage étant un problème majeur, toutes les énergies sont centrées vers une recherche de solutions : nous sommes tous impliqués, consultés et reconnus comme partie intégrante d'une solution. À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, en une seule année, le taux a diminué de 6,1%. Nous obtenons de bons résultats, mais nous voulons faire encore mieux: les jeunes, c'est notre avenir!
Toutefois, plusieurs prétendent qu'il faut changer les choses. Nous coûtons trop cher de leur point de vue, alors que notre coût administratif est de 5% comparativement à autour de 15% à 20% au privé. On nous reproche trop de bureaucratie, de l'argent mal investi... des clichés qui sont continuellement martelés de façon à influencer l'opinion publique.
Mais qui sont ces gens? Sont-ils venus sur le terrain? Maintenant qu'ils ont profité des années d'opulence, ils prétendent vouloir abolir les structures existantes pour améliorer la performance des commissions scolaires. Ont-ils véritablement une solution de rechange? Non!
Comment peuvent-ils songer un seul instant que des directions d'école puissent assumer les responsabilités énormes qui incombent aux administrateurs et gestionnaires des commissions scolaires? Ils ignorent totalement le vécu d'un établissement scolaire. Ont-ils songé au risque de démotivation des employés «impuissants» devant cette propagande politico-médiatique destructive?
Ont-ils pensé un seul instant aux énergies nécessaires pour contrecarrer ces faussetés, nous qui travaillons d'arrache-pied à soutenir les efforts vers un même but: le bien-être de l'élève.
Par cette réflexion, je souhaite éveiller la conscience des premiers interpellés: les parents, les élèves et les citoyens.
Ne nous leurrons pas, l'attrait du gain n'est pas la motivation des administrateurs de commissions scolaires. Ils seraient au privé depuis fort longtemps, avec toutes les qualités de bons gestionnaires qu'ils possèdent, et soyez assurés que ce serait à un meilleur salaire.
Il est temps que les Québécois reconnaissent à leur juste valeur les administrateurs et gestionnaires de commissions scolaires. Il est grand temps que cessent ces injustices à leur égard en maintenant à tout le moins les ressources nécessaires pour accomplir la mission d'éducation de nos jeunes.Diane BoivinEx-employée de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke
Diane Boivin
Ex-employée de la Commission
scolaire
de la Région-de-Sherbrooke