Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Une travailleuse essentielle de Toronto
Une travailleuse essentielle de Toronto

Ne rien tenir pour acquis

Annik Chalifour
Annik Chalifour
Toronto
Article réservé aux abonnés
POINT DE VUE / 2020 fut l’année de la solitude et ça continue. Le portrait actuel : plus de 3000 personnes contaminées au quotidien par le coronavirus en Ontario, incluant un enfant sur cinq âgé de moins de 13 ans ce mois de décembre.

Ne nous manque plus que le couvre-feu comme au Québec, alors qu’avant les Fêtes le gouvernement Ford s’y opposait fermement.

Il y a quelques jours, ma fille recevait une lettre des écoles de ses deux fils (dix et douze ans) reconfirmant le retour à l’école en présentiel dès le 11 janvier, ainsi qu’un communiqué du ministère de l’Éducation informant les parents que les écoles ne sont pas des milieux d’éclosion.

Jeudi 7 janvier : on nous annonce que les écoles élémentaires du Sud de l’Ontario resteront fermées jusqu’au 25 janvier. Encore une volte-face de dernière minute! Les familles et les enseignants n’ont qu’à s’adapter!

On n’a pas le choix que de (sur)vivre au jour le jour…

Breaking News

La réalité dépasse les médias. Les nouvelles s’enchaînent sans arrêt. Elles ne font même plus sursauter jusqu’à l’assaut du Capitole américain perpétré mercredi sous les incitations d’un Trump à la dérive. Nos têtes débordent!

Sans parler de ces nombreux voyageurs des Fêtes (incluant plusieurs de nos ministres et députés) ayant choisi de partir en vacances hors du pays en pleine pandémie. Les gens n’en peuvent plus, les leaders y compris. Le bon sens est balancé par-dessus bord. C’est n’importe quoi!

Trudeau s’est finalement repris. Les passagers de retour d’un voyage non essentiel n’auront pas droit aux 1000 $ octroyés aux travailleurs qui doivent s’isoler sans avoir accès à des congés de maladie payés. Un moment d’errance libérale.

Et tous les voyageurs rentrant au Canada doivent maintenant fournir un test négatif de COVID-19 avant de monter à bord de l’avion en partance pour chez nous. Il était plus que temps!

Mais cela ne règle pas tout. Tant que les gens voyageront, le virus (encore non exterminé) est susceptible de se propager à l’infini, toutes frontières confondues. Reste encore la saga des vaccins.

Survivance

Janvier 2021 : on doit continuer de vivre en confinement complet pour une période vraisemblablement indéterminée. Alors, on fait comment pour survivre?

Cela dépend, en partie, de nos conditions de vie. Si on a l’électricité, l’eau potable, un toit au-dessus de la tête, trois repas par jour, l’accès à la technologie et aux réseaux sociaux, un revenu adéquat, on peut probablement s’en tirer.

C’est le cas de la plupart d’entre nous vivant dans cette partie du monde. Mais est-ce suffisant, diront certains?

Peut-être pas tout à fait! Outre le respect des consignes de la Santé publique, l’appui de nos services communautaires et de santé mentale, les réseaux de soutien, on doit d’abord savoir compter sur soi-même, sur son propre leadership.

En temps de crise aiguë, on survit en apprenant à vivre autrement, tout en se réappropriant ce que nous sommes.

Solitude positive

L’isolement peut fournir l’opportunité d’une solitude positive : une solitude créatrice.

Souvent, nos plus belles réalisations naissent d’une certaine solitude nous permettant d’explorer nos pensées, de puiser dans notre imaginaire, d’exercer notre propre leadership sur soi-même.

Le confinement extrême obligé auquel nous sommes actuellement confrontés peut nous offrir l’occasion de se réinventer, de resituer nos priorités, d’orienter nos énergies vers de nouveaux engagements, de soutenir autrui par cause et solidarité.

Que ce soit maintenir nos amitiés outremer à distance, notre passion des arts visuels, nos voyages rêvés, notre activisme local, le soutien à notre famille, la survie en confinement n’est possible que si l’on reste à l’écoute du soi profond.

Garder le cap sur ce qui nous fait vibrer! Rester fidèle à soi-même. Ne rien tenir pour acquis.