Magnola 2? Non merci!

Voici quelques rectificatifs autour du projet d’Alliance Magnésium, appelé officiellement Magnola 2.

Voici quelques rectificatifs autour du projet d’Alliance Magnésium, appelé officiellement Magnola 2.

Bien que le tarif du magnésium soit la raison invoquée par Magnola pour justifier sa fermeture en 2003, après à peine deux ans de rodage laborieux, le ministère des Ressources naturelles a confirmé le 5 décembre que « le prix du magnésium en 2003 était similaire à ce qu’il est actuellement ».

Un membre de l’ex-comité de citoyens ayant épluché les données de Magnola en partenariat avec cette usine nous a témoigné des nombreuses avaries dans le procédé, qui ont causé incidents et incendies, en 2001 et 2002. Bien sûr, il serait difficile d’avouer que le procédé n’a jamais pu fonctionner à plus de 30 % en moyenne de sa capacité maximale! L’usine Magnola qui devait coûter 730 millions a finalement atteint 1,3 milliard $ dont 300 millions de fonds publics. Ça représente quelque 800 000 $ d’argent public pour chacun des 375 emplois, qui n’ont pas duré 2 ans! Avec une fraction de cette somme, combien de petites et moyennes entreprises locales seraient aidées pour des jobs durables et qui ne nuisent pas à notre milieu de vie?

En divisant les coûts de l’usine par la production totale de Magnola, inférieure à 40 000 tonnes, ça revient à 32 500 $ la tonne de magnésium (sans compter les coûts de fermeture). Tout un bilan, sans ombres chinoises!

Le plus grave concerne la toxicité du procédé. Cette technologie d’électrolyse au chlore pour extraire le magnésium des résidus d’amiante produit des poisons hautement toxiques. Comme indiqué dans l’article de Louis-Gilles Francoeur du 9 juin 2005, intitulé « Dioxines, furannes et BPC au menu des chevreuils », des analyses réalisées par l’Université d’Ottawa sur ces animaux tués par des chasseurs autour de l’usine Magnola ont révélé une sévère contamination de leur chair.

Pourquoi ces dioxines, furannes générés par le procédé d’électrolyse au chlore nous inquiètent tant? Ces perturbateurs endocriniens agissent à des doses infimes et se concentrent dans les graisses, dont le lait, y compris maternel. Ils sont biocumulables et persistants. Vu leur toxicité, on les mesure en picogrammes, ce qui est une infime partie d’un gramme. Même à ces doses, ces polluants organiques persistants (POP) perturbent les fonctions vitales en déréglant les hormones (nos programmes biologiques) des systèmes neurologiques, immunitaires, reproducteurs...

Certains sont aussi mutagènes, c’est-à-dire que le dysfonctionnement se transmet à la génération suivante. Magnola et Norks-Hydro ont émis une forte contamination atmosphérique par les organochlorés, surtout par les évents et dans les résidus.

Rappelons qu’Asbestos est au centre du plus gros bassin laitier au Canada (Estrie et Bois-Francs) et qu’aucune trace de dioxines n’est tolérée dans le lait. Nous avons réclamé lors de la séance du 4 décembre du BAPE les résultats des analyses effectuées avant et après le démarrage de Magnola, concernant les troupeaux laitiers échantillonnés de 1997 a 2003, ainsi que les tests faits sur l’eau, l’air, le sol, les poissons... Pourquoi ces résultats demeurent-ils secrets?

Comme l’empoisonnement tel que mesuré dans la chair des chevreuils est persistant sur plusieurs décennies, nous pouvons craindre qu’il reste dans la région large une pollution résiduelle non négligeable. Le moindre ajout de ces dioxines, furannes, BPC pourrait mettre en péril tout le secteur agroalimentaire.

Magnola 2? NON MERCI.

Sylvie Berthaud
Porte-parole de GROUVIDHAM
Groupe pour préserver la vie dans la région de Ham