M. Arcand, qui représentez-vous?

Le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand, vient de prononcer un discours à la 8e rencontre annuelle de l'Association pétrolière et gazière du Québec. Il a expliqué son projet de loi sur la mise en oeuvre de la politique énergétique du Québec, qui contient un chapitre visant l'adoption d'une loi sur les hydrocarbures. La même journée, le Front commun pour la transition énergétique du Québec rendait public un sondage SOM qui dévoilait que 65 % des Québécois ne voulaient pas de développement des hydrocarbures sur notre territoire.
Ce projet de loi a été déposé avant la période estivale, et tous les partis politiques de l'opposition, unanimement, ont réclamé avant même son étude la scission du texte afin qu'on étudie séparément la partie transition énergétique et la partie loi sur les hydrocarbures. Les syndicats CSN et FTQ, les groupes citoyens, les groupes environnementaux, des scientifiques, des juristes, le Regroupement des organismes de bassins versants du Québec, la Fédération québécoise des municipalités, l'Union des municipalités du Québec, l'UPA et l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador ont manifesté le désir que le projet de loi ne soit pas étudié sous la forme présentée. Qu'à cela ne tienne, on continue, on va de l'avant!
Le sondage rendu public aujourd'hui mentionne aussi que 67 % de la population n'est pas d'accord avec les techniques de fracturation que le projet de loi permettra. Un même pourcentage de 67 % de la population n'accepte pas que le gouvernement investisse de l'argent public dans ces compagnies auxquelles notre ministre de l'Énergie vient de s'adresser. Qui plus est, 88 % des personnes sondées s'opposent à l'idée que notre gouvernement vende aux compagnies pétrolières et gazières des licences qui leur donnent un droit d'accès aux propriétés des Québécois pour rechercher du pétrole et du gaz, et qui leur permettent de demander l'expropriation si des propriétaires refusent de leur vendre leur terrain pour l'exploitation de ces ressources. Même la Chambre des notaires du Québec s'est prononcée en précisant que le nouvel encadrement ne permettait pas de dissiper les incertitudes.
Alors, M. Arcand, la question vous est posée. Qui représentez-vous en déposant un projet de loi décrié par l'ensemble de la société? Parce qu'une fois que la loi aura été adoptée, nous serons tenus de la respecter, et les sociétés gazières et pétrolières seront bien installées chez nous!
Jacques Tétreault, Regroupement vigilance hydrocarbures Québec