L’Université de l’Ontario Français fête son 1er anniversaire, longue vie!

Québécoise et Sherbrookoise, professeure pendant 25 ans à l’Université de Sherbrooke dont je suis maintenant retraitée, j’ai la chance de faire partie de cette formidable équipe de plus de 100 experts, professeurs et spécialistes de partout au Canada, qui participent, en français, depuis novembre 2017, à la conception de l’approche pédagogique, des programmes, des politiques et des règlements de l’Université de l’Ontario français.

Nous avons développé ensemble une université et des programmes qui ne sont pas seulement en devenir, mais qui ont déjà une existence tant juridique que politique et académique et cette université fêtait en cette fin de 2018 son premier anniversaire officiel. Alors bien sûr, les décisions et débats politiques en Ontario font rage autour de son financement et de son soutien par la province, mais le processus est irréversible, on ne peut annuler par une seule décision des années de préparation et le travail gigantesque déjà effectué et on ne peut, par la seule idéologie politique, jeter à la poubelle les sommes d’argent, d’expériences et d’expertises qui y sont déjà investies.

J’ai participé, avec plusieurs pairs de différentes universités du pays, à la conception et à la structuration des 4 programmes de baccalauréat qui sont la colonne vertébrale de l’Université et, personnellement, je me suis concentrée sur le programme de baccalauréat spécialisé en études de la pluralité humaine. Selon les connaissances et débats les plus à jour, on y aborde le pluralisme des valeurs et des cultures, la mondialisation, la migration, les questions d’intégration, d’inclusion/exclusion, les communautés autochtones et les minorités linguistiques dont la communauté francophone. On y analyse les injustices et inégalités socioéconomiques dans une perspective de développement durable, et on y développe des compétences tant pour intervenir dans les situations de pluralité que pour mener des recherches scientifiques de qualité. Voilà des sujets qui sont au cœur des réalités et de l’avenir des communautés francophones, des provinces et du Canada, mais aussi des enjeux internationaux actuels.

Alors 2019 ne verra pas la fin de l’UOF, mais bien son développement. De tous côtés, on souligne la nécessité, la pertinence, l’originalité de cette université et de son approche branchée sur le monde du XXIe siècle. Au Québec, en Estrie, comme dans toutes les communautés francophones canadiennes, on se doit de reconnaître et de soutenir la pertinence et l’intérêt de cette nouvelle université qui n’est pas une compétitrice, mais bien une ressource complémentaire indispensable pour étudier en français en Ontario.

Longue vie à l’Université de l’Ontario français! Qu’elle continue à se déployer, connectée sur le monde, branchée sur les enjeux contemporains, innovante dans ses méthodes, critique dans ses perspectives, ancrée dans les besoins des communautés et porteuse de savoirs et compétences indispensables aux jeunes francophones et francophiles de demain.

Michèle Vatz Laaroussi
Professeure retraitée associée à l’Université de Sherbrooke
Collaboratrice à l’équipe de mise en œuvre de l’UOF