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L’injustice perpétuelle envers les diététistes-nutritionnistes

Claudette Péloquin
Claudette Péloquin
Présidente de l’Association des nutritionnistes cliniciens du Québec
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POINT DE VUE / Exerçant la profession la plus discriminée du réseau de la santé, les diététistes-nutritionnistes réclament leurs droits à la reconnaissance de la juste valeur de leur emploi conformément à la Loi sur l’équité salariale pour «l’évaluation du maintien équité salariale 2010». Cette évaluation est effectuée tous les cinq ans afin d’identifier si des événements, survenus depuis l’exercice précédent, pourraient modifier la valeur d’un emploi. À l’affichage du maintien équité salariale 2010, les «Modifications au Code des professions» ont été inscrites comme événements.

Le Code des professions est la loi-cadre du système professionnel québécois. Il a fallu trente années (1973-2003) avant que soit réalisée sa réforme. Il est évident que les modifications, les activités réservées aux diététistes-nutritionnistes, ont eu des répercussions majeures sur leurs fonctions quotidiennes et, par conséquent, sur la valeur de leur emploi, de surcroît sous-évalué depuis 1971.

Le traitement nutritionnel fait partie intégrante du traitement médical et vise à prévenir, freiner ou traiter les problèmes nutritionnels. Depuis 2003, en raison de leurs connaissances et de leurs compétences, les diététistes-nutritionnistes sont habilitées (par la loi) à déterminer, en toute autonomie, le traitement nutritionnel incluant la détermination de la voie d’alimentation appropriée (orale, entérale ou parentérale) de chaque patient pris en charge. Leurs activités réservées comprennent aussi la surveillance de l’état nutritionnel pour procéder aux ajustements de traitement requis. Préalablement, elles doivent procéder à une évaluation nutritionnelle comprenant l’anamnèse médicale, pharmacologique et nutritionnelle, l’examen physique, la recherche de nombreuses autres données pour compléter l’analyse et l’interprétation des résultats de leur évaluation et motiver leurs décisions au dossier-patient.

Le refus de l’employeur de reconnaître les faits pourtant confirmés par une Loi en juin 2003, a fait en sorte que les nouvelles activités réservées n’ont aucunement été considérées à l’évaluation du maintien équité 2010, comme si elles n’existaient pas. Il en a résulté une sous-évaluation et le maintien perpétuel de la discrimination salariale envers les diététistes-nutritionnistes sans aucun ajustement salarial depuis la Loi sur l’équité salariale en 1996.

Les diététistes-nutritionnistes sont les seules salariées professionnelles de la santé à posséder une formation universitaire spécialisée en nutrition et l’expertise pour évaluer, identifier, traiter les patients requérant de tels soins. Leurs interventions sont essentielles pour le traitement de plusieurs maladies ou pour le maintien de la vie.

Il est grand temps que cessent l’entêtement injustifié de minimalisation des fonctions des diététistes-nutritionnistes et cet aveuglement volontaire afin de reconnaître les changements majeurs survenus par le rehaussement des sous-facteurs notamment l’autonomie, le raisonnement, la créativité et plusieurs autres. Seule une juste valeur de l’emploi au rangement 24 pourra réparer l’injustice commise envers les diététistes-nutritionnistes, professionnelles de la santé à la plus forte prédominance féminine (98,7%), les plus discriminées du réseau de la santé et des services sociaux.