L'importance des avis publics

Il y a plus d’un an, encouragé par la fameuse loi 122, l’ancien maire Bernard Sévigny voulait supprimer les avis publics dans La Tribune. Pour lui, ce mode de publication était désuet et coûteux.

Bien entendu, je n’étais pas en accord avec lui et de ce fait, ma conviction s’est renforcée lors de la fameuse consultation sur le parc Desranleau. On s’en souviendra, une erreur s’était glissée dans l’avis public publié par la Ville de Sherbrooke et de ce fait, les gens du quartier se sont rendus en foule au bureau de l’arrondissement de Fleurimont. Je ne veux pas revenir sur le sujet, mais pour un véhicule médiatique désuet, j’ai trouvé que, mine de rien, beaucoup de gens, de tous les âges, s’y étaient référé afin de protéger l’environnement de leur quartier.

Depuis 1910, La Tribune fait partie du quotidien des Sherbrookoises et des Sherbrookois, voire de leur identité. Et moi-même, en dépit de mes fureurs électorales, de mes nombreux coups de gueule envers un journaliste ou encore, à l’encontre du rédacteur en chef lui-même, j’ai toujours été conscient de la place centrale qu’occupe notre journal.

La Tribune n’est pas seulement un simple véhicule d’informations. Elle permet aussi à nos gens d’affaires de s’y faire connaître et de rayonner au-delà même des frontières de notre région. Le quotidien de la rue Roy permet aussi aux gens défavorisés, à tous ceux qui vivent des injustices, de s’exprimer publiquement et de faire bouger des administrations publiques souvent sclérosées par leur propre lourdeur administrative. C’est aussi un moteur pour les autres médias régionaux. Quand j’entends avec plaisir Steve Roy et Martin Pelletier sur les ondes du 107,7, je sais qu’ils ont La Tribune sur leur bureau (...)

Évidemment, comme presque tous les journaux papier du monde, La Tribune vit des difficultés. Comme je l’ai expliqué lundi soir dernier, 100 000 $, c’est ce que coûtent par année les avis publics, ce n’est pas grand-chose pour la Ville de Sherbrooke. Mais pour le journal, c’est beaucoup d’argent. Certes, le monde change. Certains pourraient même croire que je suis de ces nostalgiques qui regrettent la douceur des lampes à l’huile et la splendeur de la marine à voile. Il n’en est rien. En France, en 2010, l’État français a injecté plus d’un milliard d’euros afin de permettre aux médias papier et audiovisuels de prendre le virage du 21e siècle. La Ville de Sherbrooke, sous une forme ou une autre, doit faire sa part.

Pascal Cyr
Sherbrooke