Limiter les formes d'expressions religieuses

Il y a eu, depuis le projet du gouvernement de charte sur la laïcité, lancé de manière plutôt « brouillonne », des cris et tremblements qui ont fusé de part et d'autre sous le coup de l'émotion plus que de la raison.
Et maintenant, dans le contexte de la commission parlementaire sur ce qui est devenu le projet de loi 60, diverses prises de position essaient de prendre forme de manière plus encadrée, tout en ne pouvant échapper aux manoeuvres politiciennes et aux commentaires pontifiants de journalistes.
Au milieu de ces prises de parole, il y a parfois, surtout à travers de modestes « opinions des lecteurs », une voix qui cherche à se faire entendre pour dire une simple vérité: nous sommes un peuple qui peine à sortir de son histoire de « soumis », qui a commencé à s'affirmer et à bâtir son avenir comme minorité en cette terre d'Amérique, qui a développé plus qu'il ne faut la tolérance, qui a tracé sur son territoire les paramètres d'une société juste, démocratique, évolutive, moderne, et qui s'attendrait à plus de compréhension et de respect de son histoire, et de sa culture.
Car, dans ce débat sur la laïcité, et les valeurs québécoises, il est surtout question de culture. La religion, oui.... mais dans son aspect essentiellement culturel.
Car, dans ce débat sur la laïcité, et les valeurs québécoises, il est surtout question de culture. La religion, oui.... mais dans son aspect essentiellement culturel.
De la part de plusieurs qui défendent la religion, les signes religieux, etc., il n'est pas question de la foi qui est une expérience de fond, intérieure d'abord. Il est davantage question des formes d'expressions qu'ont prises les religions dans diverses cultures au cours de l'histoire. Et si cela est bien humain, cela n'est pas l'essentiel.
Quand on combat pour des expressions religieuses, que ce soit des croix, des couvre-chefs ou des types de vêtements, on n'est pas dans l'essentiel. Au Québec, depuis la révolution tranquille, et le concile Vatican II, il y a eu cette « adaptation » des formes religieuses, culturelles, du christianisme, catholique pour aller vers une expression plus séculière sans perdre l'essentiel. Il y a eu aussi, bien sûr, un important décrochage par rapport à la foi. D'où l'importance d'achever avec la charte de la laïcité un mouvement déjà commencé.
Pour « vivre ensemble » dans la pluralité des options concernant la foi en un Dieu ou au Divin, et cela dans la plus grande harmonie possible, il me semble tout à fait raisonnable de limiter les expressions religieuses, comme celles de nos options politiques, dans certains lieux et fonctions qui représentent l'État.Louise MelançonProfesseure retraitéede l'Université de Sherbrooke