L’heure juste

ÉDITORIAL / «C’est notre dernière chance » : la conseillère et présidente du Comité de revalorisation du centre-ville, Chantal L’Espérance, ne peut mieux dire au sujet de la nécessité de relancer dès cette année le projet de revitalisation du vieux centre-ville, souvent donné pour mort depuis les élections municipales de novembre 2017 et l’abandon subséquent de Well inc.

Tant au plan urbanistique que social, le centre-ville de Sherbrooke a besoin d’un projet mobilisateur qui fera place autant aux jeunes entrepreneurs, aux artistes, aux groupes communautaires, qu’aux résidants actuels.

Le dévoilement des résultats de l’appel de propositions pour le nouveau projet Quartier Well Sud, d’abord prévu pour novembre dernier puis reporté au 18 janvier, permettra de mesurer l’intérêt des investisseurs et d’avoir une idée de ce que sera le futur centre-ville.

Le projet original de centre d’affaires et d’entrepreneuriat Well inc. avait fait l’objet de passablement de tergiversations depuis son lancement par l’administration Sévigny en juillet 2017.

S’il bénéficiait de l’appui de l’Association des gens d’affaires du centre-ville, de la Chambre de commerce de Sherbrooke, de Sherbrooke Innopole et de l’Université de Sherbrooke, ce projet manquait de clarté aux yeux des petits commerçants du quartier, des citoyens et des groupes communautaires, qui voulaient également que l’on tienne davantage compte de la population démunie du centre-ville.

Le moratoire promis lors de la campagne électorale de l’automne 2017 par le candidat à la mairie Steve Lussier est ensuite venu brouiller les cartes.

Finalement, le retrait en février 2018 du consortium formé du Groupe Custeau, de Sher-
Web et du bras immobilier de la FTQ, qui était prêt à investir 45 millions $, a sonné le glas de Well inc. et soulevé une très vive déception dans la communauté d’affaires et chez plusieurs élus.

Avec raison : même s’il était perfectible, Well inc. représentait un projet majeur et inédit en vue d’attirer des nouveaux résidants et de nouvelles entreprises au centre-ville.

La Ville de Sherbrooke, faut-il le rappeler, avait acquis des terrains et des immeubles sur Wellington Sud et était prête à investir 25 millions $ en infrastructures.

Heureusement, les choses semblent enfin se remettre en marche et le projet de revitalisation a toujours l’appui de l’Université de Sherbrooke et de Sherbrooke Innopole, notamment.

La présidente au Comité de revalorisation du centre-ville prévient que le nouveau projet Quartier Well Sud doit être lancé au cours du présent mandat, qui se termine à l’automne 2021.

Les élus, dit-elle, « ne peuvent pas se tromper ».

En entrevue dans La Tribune du 3 janvier, Chantal L’Espérance a rappelé que la population et les organismes ont été consultés pour l’énoncé « Centre-ville 2020 » et un plan d’aménagement durable. Ils le seront à nouveau pour le plan directeur du projet de revitalisation de la zone prioritaire de la rue Wellington Sud.

Au cours de 2019, une décision sera rendue en vue du déménagement de la place Nikitotek, le centre de diffusion pour la jeunesse sera construit, de même qu’un lien entre les rues du Dépôt et des Grandes-Fourches, sans compter à moyen terme la démolition de l’échangeur Terrill et du vieux pont ferroviaire en vue d’un nouvel ouvrage plus à l’ouest.

Des interventions sont également prévues dans les années à venir dans le secteur de la rue des Abénaquis et sur la rue Galt Ouest, où la Ville a acquis de vieux immeubles à logements.

Avec le projet Quartier Well Sud, les Sherbrookois ont l’occasion de se donner un centre-ville du 21e siècle qui, souhaitons-le, fera une place à tous.