L’herpès, ce n’est pas une poussée d’acné

Depuis quelque temps, nous recevons des demandes de plusieurs parents très inquiets pour la santé sexuelle de leurs adolescent(e)s.

Nous apprenons que plusieurs jeunes ont des relations sexuelles sans protection, se croyant à l’abri de toute infection transmissible sexuellement et par le sang (ITSS) ou d’une grossesse. Certains croient que l’herpès se dissipe comme un bouton d’acné, alors que d’autres nous ont affirmé être à l’abri de toute infection s’ils prennent une douche avant une relation sexuelle. Plusieurs jeunes filles ayant reçu le vaccin Gardacil, en prévention du virus du papillome humain (VPH), se croient immunisées contre toutes les souches du VPH et contre toutes les ITSS. Garçons et filles croient que le retrait préventif empêche les grossesses. Ce ne sont que quelques exemples de ce qui nous est rapporté.

Le 19 avril 2018, le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx, annonçait que les cours d’éducation sexuelle obligatoires seront disponibles comme prévu partout au Québec, dans toutes les écoles primaires et secondaires, dès la rentrée de septembre. Cinq heures par année au primaire et quinze heures au secondaire.

Dans les faits, comment va se passer cette rentrée 2018? Nous partageons l’inquiétude des parents. Est-ce que les enseignant.e.s sont prêt.e.s, formé.e.s et à l’aise d’offrir ces cours? Est-ce que les enseignant.e.s veulent offrir ces formations? Est-ce que les étudiants et étudiantes sont disposés à recevoir ces ateliers de la part de leur enseignants et enseignantes? Est-ce que la magie du ministre Proulx va régler tous les problèmes? Est-ce que les jeunes qui vont disposer que de 5 à 15 heures d’atelier durant une année seront en mesure de comprendre que l’herpès et toutes les autres ITSS ne disparaissent pas au savon sous la douche et se propagent lors de relations non protégées. Une grossesse, ça ne se soigne pas : ça se prévient.

L’éducation à la sexualité, ça va pas s’faire par magie. Visitez https://fqpn.qc.ca/educsex/. Il faut plus que 5 à 15 h d’éducation dans les écoles. Il faut une consultation des organismes communautaires pour établir un vrai programme d’éducation à la sexualité.

Johanne Bilodeau
Collectif pour le libre choix