La Ville de Sherbrooke devrait suivre l’exemple de la MRC du Val-Saint-François, qui a mis en place une solution locale, relativement simple et peu coûteuse à la crise du recyclage, avec des points de dépôt volontaire pour les bouteilles et contenants en verre à usage unique.

L’exemple à suivre

La Ville de Sherbrooke devrait suivre l’exemple de la MRC du Val-Saint-François, qui a mis en place une solution locale, relativement simple et peu coûteuse à la crise du recyclage, avec des points de dépôt volontaire pour les bouteilles et contenants en verre à usage unique.

Les carences de la collecte unique « pêle-mêle » des matières secondaires domestiques sont connues depuis des années : lors du ramassage les bouteilles et contenants en verre se brisent et « contaminent » le papier, le carton, le plastique et le métal, rendant leur revalorisation plus difficile.

Tellement que seulement 37 % du verre à usage unique serait recyclé dans la province selon les données préliminaires de Recyc-Québec pour 2018.

Pire : ce taux ne serait dans les faits que de 14 % soutient le comité estrien « Opération verre vert », qui cite une étude pancanadienne (Who Pays What 2016, Part 3 : Provincial Program Summaries, de la firme CM Consulting).

Le problème du recyclage du verre demeure donc entier. 

En ce sens, il faut saluer le courage des élus de la MRC du Val Saint-François qui, à la suite d’un projet pilote mis sur pied en 2015 à Saint-Denis-de-Brompton, ont décidé d’installer dès la mi-juin des points de dépôt volontaire dans 6 des 18 municipalités du territoire, malgré le refus de Recyc-Québec de les aider financièrement.

Le verre ainsi récolté sera vendu au fabricant de contenants montréalais Owens-Illinois, une entreprise qui peine à s’approvisionner en verre de qualité au Québec. 

« Notre philosophie, déclarait à La Tribune en avril dernier le préfet Luc Cayer, c’est que le verre soit trié à la source pour optimiser sa valorisation et optimiser les autres matières ».

À Sherbrooke, la conseillère Annie Godbout veut que la Ville prenne position en vue de la commission parlementaire d’août prochain à Québec (« Enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre ») de concert avec l’Université de Sherbrooke, qui a une solide expertise en développement durable.

Pourquoi ne pas également consulter les élus de la MRC du Val Saint-François?

De nombreux élus au Québec prônent un circuit séparé – consigne et/ou dépôt volontaire –

pour le verre comme cela se fait déjà dans la plupart des provinces du Canada.

Jean-Claude Thibault, porte-parole du comité « Opération verre- vert », tout comme Karel Ménard, du Front québécois pour une gestion écologique des déchets, milite depuis des années pour le tri à la source du verre, par consigne ou par dépôt volontaire, et affirme que le système de collecte sélective ne fonctionne pas.

Il fait également valoir que des entreprises comme la SAQ ont la responsabilité de récupérer leurs bouteilles par la consigne.

Tous ne sont pas du même avis : l’organisme à but non lucratif Éco Entreprises Québec, qui représente les fabricants de contenants, d’emballages et d’imprimés, mène depuis 2016 des projets pilotes de tri et de nettoyage du verre dans cinq centres de tri.

Il affirme obtenir un taux de recyclage du verre de 50 % et estime que celui-ci pourrait atteindre 100 % avec des investissements de 50 millions $ pour moderniser les centres de tri du Québec.

Devant ces visions contradictoires, le gouvernement du Québec doit donner l’heure juste et faire des choix pour améliorer la qualité des matières recyclables.

Il n’est pas normal que la majeure partie du verre récupéré finisse comme matériel de recouvrement dans les lieux d’enfouissement ou qu’Owens-Illinois doive se tourner vers d’autres provinces et les États-Unis pour s’approvisionner en verre. 

La Ville de Sherbrooke peut faire sa part en instaurant le dépôt volontaire, ce qui aurait un effet d’entraînement sur les autres municipalités et enverrait un message clair au gouvernement.