Les retraités aussi manqueront d’appétit

OPINIONS / Vous êtes persuadés que la misère des personnes âgées émeut tout le monde? Détrompez-vous. La misère humaine n’émeut qu’une partie de la population. Et cette partie de la population, ce n’est certainement pas celle que vous avez élue avec l’espoir d’un avenir meilleur.

Quand on demande à notre bon gouvernement de la CAQ d’aider des retraités dans le besoin, ces mêmes personnes qui ont œuvré toute leur vie afin d’améliorer la société dans laquelle nous évoluons actuellement, le gouvernement Legault reste de glace. Non seulement reste-t-il de glace, mais il refuse avec une arrogance qui donne froid dans le dos.

C’est ce qui continue de se vivre dans le dossier des retraités de Groupe Capitales Médias qui ont vu leur retraite amputée de près de 30 % depuis le début du mois de février. Plusieurs d’entre eux, souvent des personnes seules vivant avec peu de moyens, doivent composer avec une baisse dramatique de leur niveau de vie. Ces retraités ne demandent pas la lune. Ils demandent l’instauration d’un fonds pour les sortir du pétrin, comme il en existe un en Ontario. Ce fonds rétroactif les aiderait à vivre décemment pour le temps qu’il leur reste. Mais le gouvernement refuse de leur donner ce coup de pouce. Comme l’a dit le ministre des Finances Éric Girard: les entreprises québécoises n’ont pas d’appétit pour ce genre d’aide parce qu’elles sont plus imposées que les entreprises ontariennes. Voyons, M. Girard, les entreprises n’auront jamais d’appétit pour sortir leur argent. On doit plutôt leur rappeler que quand elles brassent des affaires au Québec, elles ont une contribution sociale à fournir. Vous aussi, vous manquez d’appétit pour trouver des solutions. Vous baissez les bras un peu trop vite.

Où sont-ils?

Où est le ministre Jean Boulet qui se targue de lutter contre la pauvreté et l’injustice sociale? Pourtant, il était là pour l’A.B.I. Où est la ministre Marguerite Blais, elle qui prétend se battre quotidiennement pour tous les aînés? Où sont les députés de la CAQ compatissants? Tout ce beau monde garde le silence et se range derrière la ligne de parti. Pas question de s’opposer au chef ou au ministre des Finances Éric Girard. On aime mieux se taire dans l’espoir que tout va s’oublier avec le temps. Quel beau et grand gouvernement! Que c’est gratifiant!

Le premier ministre Legault lui-même, qu’on a élu pour nous aider, a refusé net de demander aux frères Desmarais, de Power Corporation, anciens employeurs des personnes touchées, une aide financière humanitaire. Les frères Desmarais l’ont fait pour les retraités de La Presse. Une demande officielle du premier ministre a du poids et aurait peut-être pu déboucher sur une solution, même imparfaite, comme renflouer partiellement la caisse de retraite afin d’amoindrir le choc sur les retraités. Mais non, refus catégorique du premier ministre. Il s’est contenté de dire que c’était une situation malheureuse.

Pétition

Une pétition est présentement en ligne pour la révision de la législation sur l’administration des régimes de retraite sur le site de l’Assemblée nationale du Québec à l’adresse http://bit.ly/32jMLjp. Toute la population devrait la signer afin de protéger leurs avoirs et éviter qu’ils soient un jour lésés comme les employés et les retraités de Groupe Capitales Médias.

Sur son site internet, le réseau FADOQ indique que le gouvernement agit de façon irresponsable dans le dossier des retraites et demande aussi à la population de signer la pétition.

Manque d’appétit

Vient un jour où tout le monde doit payer pour ses erreurs, messieurs les politiciens. Le jour où vous aurez besoin d’être réélus, c’est nous qui serons en manque d’appétit pour vous reporter au pouvoir. On reconnaît la valeur d’un gouvernement à la façon dont il prend soin de ses citoyens âgés. Présentement, les retraités lésés ne ressentent aucune compassion de votre part et perçoivent même une attitude hautaine à leur égard. Contrairement aux retraités de GCM, messieurs les politiciens, vous pouvez dormir sur vos deux oreilles. Vos retraites ne seront jamais amputées de 30 %. Les contribuables seront toujours là pour vous les payer, même si plusieurs d’entre vous ne les méritent pas.

Jacques Pagé

Retraité du Nouvelliste

Trois-Rivières