Les Québécois endettés

Le quotidien La Presse traçait, il y a quelques jours, deux sombres portraits de la situation financière des Québécois, aussi bien dans leurs communautés, comme à Saint-Lin-des-Laurentides, qui a le plus fort taux d'insolvabilité par 1000 adultes au Québec chaque année depuis 2012, que par leur taux d'endettement lamentable et les nombreux cas de faillites personnelles.
Un tableau lamentable et bien triste pour notre société d'aujourd'hui et de demain. Des citoyens pris à la gorge, des municipalités émergentes appauvries par des projets domiciliaires démesurés et inadaptés aux capacités financières de leurs nouveaux citoyens et acheteurs, des jeunes indûment sollicités par le commerce en ligne ou au comptoir, des consommateurs incités quotidiennement à acquérir une nouvelle carte de crédit. Voilà la triste situation financière de nos populations locales. Pas surprenant que les Québécois soient endettés aussi bien individuellement que collectivement!
Mais que faire pour diminuer ces appétits du bon peuple ainsi affaibli et prisonnier de la finance puissante et sans âme?
L'éducation aux finances personnelles, en 5e secondaire? Sans doute. Mais, que faire pour cette génération d'adulte et de parents, restée maladroite, voire ignare des stratégies élémentaires dans la gestion de leurs affaires personnelles, et restée prisonnière, sous l'emprise du crédit des banques « mangeuses de chair »? Encore une fois, faudra-t-il recourir à des législations gouvernementales? D'autant plus que les banques et autres sociétés prêteuses se sont donné bien de l'espace et des manoeuvres douteuses (petits textes restrictifs en fin de contrats) pour dominer et réguler, à leur manière, la gestion des prêts selon leurs appétits financiers.
À quand une législation innovatrice pour un du financement social plutôt que capitalisant, comportant des restrictions pour les emprunteurs voraces, autant que pour les prêteurs fragiles? Par exemple, par la limitation du nombre de cartes de crédit pour le consommateur et des règles plus strictes sur la fixation des taux d'intérêt pour les émetteurs de cartes.
Bref, pour tout dire, il faut souhaiter une politique d'éthique plus équitable qui contribuerait à une plus grande stabilité financière pour les consommateurs fragilisés et à un comportement plus humain et juste de la part des sociétés prêteuses. Peut-on en rêver?
Yvon Côté, Sherbrooke